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Gare à la mauvaise graine !

La particularité de la mauvaise herbe, cette garce destructrice  ? Elle s’incruste souvent à proximité d’une belle plante en pleine croissance qui a des feuilles qui ressemblent aux siennes. La mauvaise  s’installe à côté de la belle et bonne pour l’étouffer, prendre sa place, régner, troubler le maître des lieux qui ne sait plus, en les regardant,  laquelle arracher. Elle grandit à toute allure, se montre traîtreusement vorace dans le sol gorgé d’eau, se fait aimable avant d’être si envahissante qu’elle méritera, enfin, le coup de grâce qui laissera sa voisine vivre et occuper la place qu’elle mérite !

Alors, oui, au printemps, après avoir semé, il faut désherber.  Au boulot !

Cette inspiration bucolique est due au printemps. Cela pourrait, par exemple, ressembler à la vie professionnelle lorsqu’on laisse la sauvagerie ou la compétition s’installer entre confrères ou consoeurs. Par moments, c’est au chef d’intervenir et de remettre au net le terrain, repenser les prés carrés, redéfinir les fonctions, mettre en valeur ce qui mérite de l’être. L’harmonie de l’ensemble peut être gâchée par une seule mauvaise pousse.

Pourquoi nous sommes fâchés…

Nous sommes fâchés… parce que chaque manquement d'un patron brocardé dans la presse ravive le souvenir d'autres erreurs d'autres patrons. Et nous oublions que certains, heureusement, sont ou ont su être de grands patrons, soucieux de leurs stratégies et attentifs à leurs équipes.

Nous sommes fâchés… parce que chaque faux-pas à la tête des banques nous rappelle les discussions de marchands de tapis que nous avons menées pour des taux de prêt trop hauts, des agios tombant facilement, des placements annoncés juteux et s'avérant catastrophiques, des délais surprenants de mises à disposition de nos sous, etc.

Nous sommes fâchés… parce que chaque fois que le mot "chômage" est prononcé, nous avons devant les yeux les visages de nos proches qui sont touchés. Et le nombre de ces visages s'accroît à toute bombe !

Nous sommes fâchés… parce que des puissants nous ont déçus et nous savons que, pour survivre, nous devons encore les croire et que cela demeure risqué. Mais a-t-on un autre choix ? 

Oui ! La fâcherie est de taille ! Car on a trop facilement nommé à de hauts postes des loups, des tueurs, des requins (mots consacrés pour qualifier certains profils) alors qu'il fallait peut-être privilégier les ingénieux, les innovants, les francs, les humanistes, les rassembleurs.

A force de croquer, les hommes aux dents longues se sont bien nourris et laissent une partie de leur entourage en lambeaux !