Archives pour la catégorie L’art de dire

Boris Cyrulnik, « Sauve-toi, la vie t’appelle »

Formidable livre que je viens de terminer ! Un mélange extraordinairement réussi par Boris Cyrulnik ! Il nous conte son enfance, hors du commun, puis son long silence tant nous n’étions pas prêts, nous tous, à accepter son inimaginable résistance et, cadeau suprême, il nous donne, avec légèreté et intelligence, son analyse de psychiatre sur cette faculté que nous avons souvent d’affronter les situations et les traumatismes.
Ainsi, apprend-on sur la guerre de 39-45, sur l’après-guerre, sur lui et aussi beaucoup sur nous ! Et le comble, c’est que ce livre palpitant nous donne le goût de la résilience… et permet une plus grande lucidité sur soi-même et les autres.

Un grand texte ! Boris, merci.

Nicolas Hulot, des idées, de la passion, de la conviction !

Hier, à « la Cité de la réussite », à La Sorbonne, Nicolas Hulot a embarqué tout le monde ! Ce citoyen du monde hors pairs avait les mots, les exemples, les métaphores, l’expérience et la raison à foison pour nous donner une vision de l’avenir et de tout ce en quoi il croit.

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L’urgence était identifiée, le réalisme était bien là, le politique sous-jacent.

Voici un homme qui a du charisme et qui l’emploie pour une belle cause surtout maintenant qu’elle est hors d’un camp politique.

Oui. Chacun est un colibri qui peut apporter sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie tandis que le vautour guette et jacasse. Pensons-y.

Une conférence « La loi Engagement National pour l’Environnement » : quels enjeux pour les entreprises ?

C'est le genre de conférence à laquelle on s'inscrit parfois en craignant le pire : des gens pontifiants, imbus d'eux-mêmes nous baladant de clichés en clichés, sans rien prouver…

Ce fut tout le contraire !

De l'excellence, huit orateurs de grande qualité, un passage de l'un à l'autre fluide, des complémentarités bien mises en valeur, des spécificités dans l'expérience tout à fait accrocheuses, un meneur de débat donnant le ton avec une belle voix, une langue française parfaite et précise, qui situait haut le degré d'exigence qu'il avait pour les autres.

Il était question d'environnement, de défi technologique, d'enjeux de recrutement et de financement, de pollutions diverses dont celles dont on parle encore trop peu -sonores et visuelles-, de labels et de certifications, d'anticipation et de changement générationnel, des limites du système dues à l'insolvabilité de certaines demandes, de globalisation des risques, des risques subis et des risques acceptés, des lois ou des normes décrétées ici et non respectées ailleurs…

Tout ce monde-là avait préparé son contenu et son regard par rapport au contenu des autres, tous avaient un avis pointu et professionnel sur le sujet, tous nous ont apporté de quoi sortir grandis.

Merci.

Merci à Maîtres Trébulle, Delmotte, Martinet et Huglo.

Merci à Didier Kling, Rémi Dorval et Guy Lallour.

Avatar : la fraîcheur n’a pas d’âge !

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 Quel horrible mot, "avatar"… et pourtant Cameron nous offre grâce à cela la beauté et la fraîcheur d'un monde paradisiaque ! Avec ce film, il incite plus à l'écologie et à la protection de la planète que de nombreux gourous sinistres qui nous sermonnent sans cesse.

Les avatars de nos héros sont beaux et délivrés de leurs souffrances physiques d'humain ; et ce paradis dans lequel ils évoluent sous l'ombre de l'arbre des âmes nous envoûte. A l'opposé de ce qu'ils sont figurent les américains musclés et armés jusqu'aux dents qui cherchent les métaux pépites enfouis au coeur du paradis…

L'histoire est poétique, saine et belle. On en ressort des étoiles dans les yeux et cherchant autour de nous les branches majestueuses de l'arbre des âmes…

Pour que la séduction soit au maximum, nous sommes allés voir Avatar à DisneyVillage. Formidable ! Vraiment ! D'autant que nous étions les vieillards de la salle ! Tous les autres spectateurs étaient des jeunes chevelus, placides, rêveurs, un brin débraillés. Cela fait plaisir que la fraîcheur n'ait pas d'âge et que de "jeunes gars" en bandes viennent rêver là sans s'imaginer tourner à la femmelette romantique !

L’air jovial qui dérange : celui de l’avocat qui parle de la défense du criminel…

Deux minutes d'antenne et le piège a fonctionné. L'avocat, l'air jovial, sourit de toutes ses grandes dents pour parler de la défense qu'il fera de sa cliente, celle qui a assassiné le banquier Stern : il va plaider le crime passionnel. Il a peut-être en tête mille détails croustillants qui le font largement sourire ou bien il se retient de rire encore car il a glissé un bon mot à l'oreille d'un confrère…

Résultat : inadéquation totale entre le moment grave que vit la première famille de cet homme et l'apparente jubilation de l'avocat de la défense de l'accusée à l'ouverture du procès.

Parfois la rapidité de l'information chez les journalistes de télévision provoque le même type de télescopage : les uns sourient encore du sujet précédent et entament, la mine réjouie, le dramatique sujet suivant ; d'autres finissent une phrase dramatique sur un sujet dramatique et s'amusent déjà du sujet léger qui va suivre.

Attention ! Le corps et les mimiques parlent plus que les mots !

Quand la diction de l’un tue l’écoute de l’autre !

Frédéric Mitterrand, dont le timbre de voix très particulier a son charme, nous a assommés hier soir à La Nuit des molières. Diction lente, lentissime même, pédagogue à l'extrême voire parfois même infantilisante… Il s'en rend vaguement compte car le public, poli (à part Baffie) reste coi et soumis, et Mitterrand s'embourbe, espérant que son timbre va sauver la mise. Mais non, rien n'y fait, on s'endort doucement, on ouvre un oeil de loin en loin, désespéré d'être si peu sollicités.

Parler lentement est loin d'être l'art de bien parler. Et trois heures durant, cela donne envie de prendre à l'autre le micro et de bâcler la fin, vite fait bien fait !