Archives pour la catégorie Dire : l’art du leader

Comment justifier un très-très-très gros salaire ?

Si un grand patron est l’inventeur, le créateur de l’entreprise, comme Bill Gates ou Steve Jobs, s’il y a consacré sa vie, ou encore s’il la gére pour sa famille qui y a tout investi : l’énergie, l’espoir, le travail, l’inventivité ? Ca, oui, clairement, chapeau bas !, un très gros salaire peut se justifier. Certains patrons et leur famille ont bâti des empires sur une idée, un projet. Ils sont la fierté du pays, voire du monde, car ils ont créé leur emploi, certes, mais aussi celui de milliers de gens ! On espère tous cela pour nos proches, nos enfants. Une prise de risque qui paiera plus tard…

Si c’est un grand patron salarié, nommé soudain à la tête d’une grosse entreprise parce que l’on connait ses réussites passées ailleurs ? OK, un gros salaire pour le faire venir, ça peut se comprendre… Encore qu’un énorme salaire de 26 000 € par jour !, cela me semble…

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Le « Réseau Entreprendre », l’aide fondamentale donnée à des jeunes entreprises

Ils sont accompagnés dans le lancement de leur entreprise. Des sujets de réflexion les réunissent de loin en loin par petits groupes…

Pour la deuxième fois en quelques mois, je viens donc échanger avec des managers, créateurs ou repreneurs d’entreprise, sur les thèmes de la gestion de leurs priorités et de leur art de communiquer.

J’ai une feuille blanche, j’écoute,  je note quelques uns de leurs mots et je donne des pistes d’amélioration, des exemples, des conseils… C’est intense, concret, visiblement utile voire salvateur. Mon expérience sert. Je suis donc utile. J’aime bien.

http://www.reseau-entreprendre.org/

L’humour des patrons.

Il existe des patrons sympathiques, drôles, chaleureux, humains. C'est vrai. Et l'actualité ne les met pas en avant parce que ce sont des Sages qui savent éviter certaines erreurs.

Mais parfois, certains autres, pour faire rire cent à cinq cents personnes lors d'une convention, font le bon mot de trop, celui qui va faire rire la majorité mais qui va en blesser quelques uns. Et quand on est là-haut, devant un pupitre, isolé par la mise en lumière, face à un public qui lui est mal éclairé, comment fait-on pour entendre et voir que les gens "rient jaune" ou que certains ne rient pas du tout ?

Excès de pouvoir, excès de maladresse… Le rapport de force saute aux yeux : il y a celui qui amuse et se croit pertinent, à qui l'on a donné le micro donc la puissance… et il y a ceux qui reçoivent le coup pour en rire ou en souffrir et qui sont tenus de rester, à ce moment-là, assis et muets.

Mais l'oubli fait mauvais ménage avec la souffrance et parfois, une pointe d'humour filmée ou enregistrée, revient en boomerang dans la figure du patron qui a pu paraître arrogant.

Attention. En entreprise, quand on est patron, on ne peut pas faire rire de tout et surtout pas des gens. Cela a toujours été vrai, ça l'est encore plus maintenant que la preuve audiovisuelle peut rester dans la main de chaque auditeur. Les temps ont changé.

Assemblées Générales : cocktails variés avec ou sans shaker !

Une Assemblée Générale, c’est une ambiance cocktail ! Le tout est de savoir qui secouera le shaker ! L’actionnaire, le journaliste ou le Président ? Eviter le "chaud" et offrir le "show"…

Ce jour-là, tout est prévu, tout est offert ! Avant, cependant, il y a eu de longs préparatifs pour l'entreprise : le choix de la date et du lieu, les rapports annuels, les convocations, les annonces légales, les préparatifs avec les banques, le choix du traiteur, l'option champagne ou vin blanc (baromètre de la santé que l’on veut afficher de l'entreprise), commande d'un cadeau (pas trop cher, pas trop nase…), les films, les infos, l'invitation des journalistes, le staff briefé, l'organisation de l'espace dans les derniers instants, l'accueil…

Le jour J, le shaker donne le tempo :

–  Cocktail de preuves de la bonne santé de l'entreprise : reportages, rapports annuels, exposé des chiffres, topo du président, topo du directeur général, rappel du passé, projets avancés, commissaires aux comptes…  

-  Cocktail d'idées de la gouvernance de l'entreprise pour répondre aux questions prévisibles ou imprévues des actionnaires, émotions et chats dans la gorge, improvisation à plusieurs, humour qui sauve souvent et rend le dialogue supportable voire sympathique…

– Cocktail de votes : résolutions et résultats applaudis ou non…

Et pas le temps (ou si peu !) de faire une conclusion pour le président de séance ! Car, avant le résultat du dernier vote, les goinfres goujats de l’assistance sont déjà debout, manteau sur le bras, prêts à filer vers le buffet !

Après L’Assemblée Générale, chacun se lâche car :

Le vrai cocktail enfin, après L'Assemblée Générale, peut commencer : champagne ou vin blanc ou les deux, mon général !, petits fours avec ou sans foie gras, plateaux des serveurs pris d'assaut aux portes des cuisines par des nuées d'affamés. Car la razzia des actionnaires venant festoyer est bien connue : on leur doit bien ça !, chacun a payé plus ou moins cher sa présence ici. Tout est affaire du nombre d'actions et de son cours jour après jour… Doit-on pour autant réussir à en manger pour son argent ?!?

Cocktail encore de réseaux que l'on croise, d'actionnaires qui cherchent le contact, cocktail de représentants de l'entreprise qui sont heureux de se rencontrer une fois de plus, là, et deviennent ainsi, durant quelques heures, la vitrine patchwork de l'entreprise, cocktail encore de journalistes qui flânent là quelques instants encore à la recherche du scoop qui les différenciera des autres.

Puis, une fois les indispensables invités partis, cocktail de commentaires dans l'entreprise et passage au crible. « L'ai-je bien dit ? Lui ai-je bien répondu ? Le buffet était-il trop modeste  ? Les logos se voyaient-ils bien ? L’ambiance, comment était l’ambiance vue de la salle ? La banque a-t-elle travaillé en toute sérénité pour compter les voix ? Ah, Duschmoll était là, égal à lui-même, avec ses questions embarrassantes. Mais Martinouchon a baissé, cette année, etc. Oui, on peut le dire, c'était bien… »

Et demain, au turbin ! Faire du chiffre encore, jusqu'à fin décembre. Hauts-les-coeurs !

PJ Calendrier des AG des entreprises du CAC 40, extrait du blog : macrisebienaimée.com

La philo, le management, vous et moi !

Le journal "Challenges", avril 2009 publie un article "60 millions de penseurs – la philosophie, une passion française", écrit par Thierry Gandillot, qui explique en quoi ce mode de réflexion s'immisce fort heureusement dans notre quotidien. Cela m'éclaire notamment sur ma façon d'accompagner la réflexion des leaders et dirigeants. 

J'ai tellement aimé la philo pendant mes études !  Et comme je n'ai pas cherché à obtenir un diplôme ou à faire carrière avec mes trois ans de sensibilisation à la philo, j'ai toujours mis en avant d'autres éventuelles compétences, axées sur la Communication et sur les Lettres et pour lesquelles j'ai reçu des "labels" (= diplômes) ! En cela, j'ai retenu les conseils de mon vieux prof à qui j'avais dit, il y a trente ans, mon souhait de faire des études approfondies de philo : "En France, un philosophe n'a qu'une voie possible : être professeur. Et il y a très peu de postes. Mieux vaut choisir une autre discipline et pratiquer la philosophie par ailleurs."

Alors, sans le savoir vraiment, sans le formuler, j'ai peut-être mis des miettes de philo partout, dans ma vie perso et dans ma façon de travailler.

Aujourd'hui, comme l'explique Thierry Gandillot, la philosophie est enfin devenue populaire, selon le souhait de Diderot. Mais dans cet article, TG a la sagesse de citer Diogène qui souhaitait enseigner comment "mener une vie dédiée à l'essentiel" et Raphaël Enthoven (33 ans) : "On nous demande de produire des certitudes (…) Mais la philo produit du doute. (…) Philosopher, c'est penser contre soi-même."

L'essentiel, le doute, le sens et le management : fructueux mélange enfin au goût du jour pour aider à la gestion des hommes, des projets et de résultats concrets et chiffrables.

Adecco, Daher et Serieyx, un message : la confiance

Hier, Adecco a organisé une conférence à laquelle j'étais invitée. Excellent moment ! J'ai aimé le témoignage de Patrick Daher sur la gestion de cette entreprise familiale, Daher, créée au 19ème siècle par son arrière-grand-père. Un grand monsieur ce patron-là, qui parle avec modestie, clarté et humour de son art de gouverner l'entreprise, de ses choix stratégiques pour l'orienter vers de nouveaux créneaux, de son respect pour cette famille de 450 personnes, etc. On a entendu parler de "sens", de "valeurs", "d'éthique". Bravo !

Hervé Sérieyx est là, accompagne ce témoignage et nous offre son dernier livre "Confiance mode d'emploi", publié chez Maxima. J'y retrouve des idées que je partage. Et, en le feuilletant, je tombe sur une page rédigée pour des gens comme moi où il est dit que les littéraires peuvent être plus que "la plume" d'un dirigeant ; ils peuvent devenir "des aides à penser" s'ils savent associer (entre autres) : "culture littéraire", "culture d'ouverture au monde", "pensée déliée" et "élégance" ! Dopant, non, ce cocktail ici imaginé ? :))

Merci à Adecco d'avoir organisé, avec Sérieyx comme "allié de pensée", cette conférence autour de Patrick Daher. Un très bon moment.

Gentil bénéfice et méchants licenciements : l’équation impossible !

Dégager un joli bénéfice, être une valeur boursière recherchée, tenir le haut du pavé au quotidien avec un procès retentissant qui touche une grande ville française, avoir une renommée mondiale et envisager 550 suppressions de poste ! C'était la communication de trop chez Total. La nuit porte conseil, c'est toujours vrai ! Car ce matin, le calme est revenu, la comm' montrée du doigt, les suppressions de poste annoncées ne sont que des départs à la retraite ou en pré-retraite…

Attention au déficit d'image en cette période où tout se joue sur un fil et où les dérapages sont difficiles à canaliser.