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Boris Cyrulnik, « Sauve-toi, la vie t’appelle »

Formidable livre que je viens de terminer ! Un mélange extraordinairement réussi par Boris Cyrulnik ! Il nous conte son enfance, hors du commun, puis son long silence tant nous n’étions pas prêts, nous tous, à accepter son inimaginable résistance et, cadeau suprême, il nous donne, avec légèreté et intelligence, son analyse de psychiatre sur cette faculté que nous avons souvent d’affronter les situations et les traumatismes.
Ainsi, apprend-on sur la guerre de 39-45, sur l’après-guerre, sur lui et aussi beaucoup sur nous ! Et le comble, c’est que ce livre palpitant nous donne le goût de la résilience… et permet une plus grande lucidité sur soi-même et les autres.

Un grand texte ! Boris, merci.

Lire vite et bien !

Le petit dernier réactualisé (4ème édition chez Eyrolles) est en librairie depuis fin septembre !

Cette fois-ci, je pars de nos outils modernes maîtrisés (smartphone, tablette, ordinateur) pour vous offrir de retrouver l’aisance sur tous types de textes. Un art de lire vite et bien : journaux, documents, romans, poésie, théâtre… sur tous supports…

Lire, faire aimer lire, c’est favoriser l’acte de transmission.

Maladie nosocomiale… Cacahuètes, chewing-gum, manteaux, gants, bassin, poubelles… cherchez l’erreur !

Etiez-vous du genre à aimer les cacahuètes ? Moi oui, même au bistrot… puis, un jour, cette étude faite sur ces coupelles de cacahuètes posées sur le zinc des bars : une analyse détecte un nombre incroyable de traces d’urines différentes : l’étude met en évidence que beaucoup de gens oublient de se laver les mains après avoir uriné et flanquent leurs microbes potentiels partout ! L’horreur ! C’est vrai : dans les toilettes publiques, c’est édifiant de voir le nombre de gens qui snobent les lavabos avant de sortir ! Et ce sont ces mêmes gens que vous retrouvez à l’hôpital ou en clinique, à tous les étages !

 

Un malade hospitalisé, s'il est observateur, peut devenir parano ! Avec ses plaies et sa fatigue, il peut choper n’importe quoi ! Et son univers s'est pourtant drôlement limité. Parfois rendu immobile,  parqué dans une chambre à deux, ses mouvements sont restreints ! Cela peut même se limiter à : les mains sur le drap ou sous le drap ? Aujourd’hui, telle voisine de lit n'a même pas envie de serrer la main tendue d’un des visiteurs de sa voisine dont elle n'a rien à faire. Elle le trouve "crade" et l’imagine, accoudé au zinc, devant une coupelle de cacahuètes ! Elle ne parierait pas un kopeck sur l’immaculé de ses mains… Heureusement, on peut devenir des accros de la lingette nettoyante ou du savon alcoolisé, stockés sous le coude. Sauvé !  Et le serrage d’une main archi-douteuse ne sera plus qu’un mauvais souvenir !

 

Que d'objets cependant mis en commun : déambulateur, fauteuil, poignées de porte, interrupteurs… dans ces chambres souvent exiguës. Vive la propagation des microbes ! Les consignes sont normalement passées aux  femmes de ménage (pardon ! aux techniciens de surface !) : elles ou ils sont censés nettoyer chaque jour tous les objets de la chambre, fauteuils et chaises compris.

 

Tant mieux ! Car les fauteuils servent aux manteaux des visiteurs mais servent aussi, le matin, aux malades. La fameuse phrase dite par les kinés :  « On va vous mettre au fauteuil, aujourd’hui ! » indique bien qu’il va falloir vite fait quitter son lit, conquérir une première marche vers l’autonomie via le fauteuil… mais peut-être attraper là une saloperie de microbe apporté par un arrière-train habillé qui a préalablement séjourné sur une banquette de métro douteuse… Car les visiteurs de l’après midi, assis ou debout, peu importe, sont très attendus par les malades ! Sans eux, leur combativité serait anéantie… mais  ils viennent avec leurs manteaux et leurs sacs qu'ils ont trimbalés n'importe où ! Ces gens se sont-ils frottés à un enrhumé, ou se sont-ils scotchés à cette vieille empreinte de chewing gum (anciennement farcie de salive) et maintenant incrustée sur la banquette d'un RER bondé ? Ont-ils pris l'ascenseur, serrés près des poubelles ? Ou encore ont-ils frôlé le bas de ce réverbère où tous les chiens du quartier viennent consciencieusement s'exécuter, flanqués de leurs maîtres au bout de la laisse, à l’œil absent ou vague qui tente d’exprimer : « Ah ? mon chien pisse n’importe où ? Je n’avais pas remarqué… Ce réverbère, le même, tous les jours ? Non ! C’est fou ça ! Je n’y ai jamais fait attention ! Je suis distrait, c'est dingue ! » Bref, sacs et manteaux transportent des microbes qui peuvent se déposer partout dans la chambre de l'affaibli.

 

Les fauteuils roulants, eux, à l'appel d'un cri strident, sont parfois cherchés en catastrophe, à toute heure du jour et de la nuit, quelque part dans le couloir. Incontournable : ils sont partagés par plusieurs malades. Alors… le fauteuil qui quitte un endroit et passe vite à un autre est-il remis au net, même en l’absence des techniciens de surface ? Qui le sait ? Car souvenez-vous : beaucoup de malades ne portent QUE la courte chemise baillante de l’hôpital qui laisse passer drains et sondes. Croyez-vous vraiment qu’il y ait beaucoup de porteurs de culotte, slips ou caleçons, assis en urgence sur un fauteuil roulant que l'on a soudain propulsé dans leur chambre ? Une urgence, un fauteuil, des blouses vaguement couvrantes… est-ce le trio gagnant pour choper une maladie nosocomiale ? Pourtant, très vite, le fauteuil roulant du malade en hôpital rappelle la voiture des nouveaux mariés, affublée d’objets « tintamarrants » : il trimbale ses drains, ses poches, sa transfusion ou des béquilles fichées là comme les flèches d’un arc imaginaire… C'est très perso, finalement, tout ça…

 

Et le bassin ! Ce truc d'invalide qui libère cependant !  Si le dessous du bassin, une fois rincé, n’est pas essuyé, il est éternellement rangé mouillé sur sa planche et ça marine, là… Et chaque fois qu’on le remet dans le lit du malade,  hop !, un petit coup d'eau stagnante qui s'incruste dans le drap… et cela plusieurs fois par jour ! Sympathique, non ?! Et quand le malade partira enfin, définitivement,  « les techniciens de surface » nettoieront-ils aussi la fameuse « planche où se glisse le bassin » ?!? Sujet "trash" ? Ben, non. La réalité…

 

Et cet infirmier qui passe de chambre en chambre avec les mêmes gants ? Il protège qui ? Lui ou le malade ?

 

Stop ! Parano, complètement parano, je vous dis ! Comment ? Vous ne connaissez personne qui a attrapé une maladie nosocomiale, vous savez "nosocomiale", ce truc dont on se demande toujours comment ça se chope dans un lieu de soins ? C'est une blague ? Vous ne connaissez personne qui a eu ça ? Vous vivez où, vous ?

 

De nouveau, l'actualité nous parle très sérieusement  des maladies nosocomiales dans une clinique de la région parisienne.