Archives pour la catégorie Flânerie littéraire…

« Apporte-moi Le Monde »

Agnès Desarthe reçoit un prix, celui du Monde.

Elle parle si joliment dans cette interview ! Elle est à lire !

J’aime, entre autres, son anecdote sur « Apporte-moi Le Monde », la phrase que ses parents lui adressaient si souvent à la maison lorsqu’elle était enfant. Elle avait conscience avec cette mission d’apporter bien plus qu’un journal papier, elle apportait à ses parents  « le monde ».

http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2015/09/09/agnes-desarthe-quand-on-ecrit-on-vit-un-enorme-mouvement-d-arrachement_4750499_3260.html

Son nouveau livre : « Ce cœur changeant », aux éditions L’Olivier

10 livres qui nous ont marqués !

Emilie m’a incitée, via facebook,  à réfléchir sur : #10bookschallenge – 10 livres qui m’ont marquée. Aïe ! C’est restreint !

Alors, comme j’ai adoré la démarche, j’ai choisi 3 vies : 

  •  celle de mes 11 à 16 ans quand je piochais allègrement dans la bibliothèque magique de mes parents, 
  • celle de ma vie d’adulte,
  • celle qui m’a donné des ailes pour écrire au théâtre !


De 11 à 16 ans, au cœur d’une profusion de choix, quelques émerveillements :
– Les trois mousquetaires (et Vingt ans après), d’Alexandre Dumas
– Les contes et légendes de la Grèce Antique
– Au bonheur des Dames, d’Emile Zola
– Des souris et des hommes, de John Steinbeck
– Le bruit et la fureur, de William Faulkner
– Crime et châtiment, de Dostoïevski
– Bonjour Tristesse, de Françoise Sagan
– Les nourritures terrestres, d’André Gide
– L’âge de raison (trilogie), de Jean-Paul Sartre
– Les Thibault (toute la saga), de Roger Martin du Gard

Au fil du temps, quelques romans coups de coeur :
– Vendredi ou les limbes du Pacifique, Michel Tournier
– Belle du Seigneur, Albert Cohen
– Tristan et Iseult
– La légende de Narayama, de Shichiro Fukazawa 
– L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera
– Le joueur d’échecs, Stephan Sweig
– Les champs d’honneur, de Jean Rouaud
– Succession ouverte, Driss Chraïbi
– L’enfant de sable, Tahar Ben Jelloun
et…
– L’anthologie de la littérature française (tomes 1 et 2), Jean d’Ormesson : c’est une magique incitation à lire les plus beaux et savoureux livres d’auteurs français.

Enfin, dix des auteurs de théâtre qui me fascinent car leur écriture légère et ciselée crée des ambiances et des dialogues qui nous embarquent ! 
Molière, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Marivaux, Alfred de Musset, Jean-Paul Sartre, Jean Anouilh, Marcel Pagnol, Eric Emmanuel-Schmitt, Yasmina Reza (Je crois avoir lu tout le théâtre ou presque… de certains d’entre eux). 

Il manque encore les philosophes, les poètes…

Et pour certains d’entre vous, il y aurait aussi les musiciens, les peintres, les réalisateurs de films…  Quelle chance ! Le choix est vaste ! L’ennui est impossible !

Bon ! Maintenant à vous de jouer… 
Donnez-nous vos idées !
A suivre ici ou sur Facebook… Hé, hé…

Nicolas Fargues, « Tu verras »

Prendre le train me permet toujours d’attraper un livre et de découvrir un nouvel auteur.  Cette fois-ci : « Tu verras », Prix France -Culture 2011*, a priori pas trop de risque d’ennui…

Et bien oui, j’ai eu raison. Une très belle écriture, une pensée profonde, un contexte moderne. L’histoire apparaît vite comme un moment de vie atrocement difficile mais l’auteur offre aussi à son personnage de laisser tomber ses oeillères et de s’ouvrir à autre chose. Pour survivre, il faut évoluer, changer.

Autre bonne nouvelle  : il a écrit 9 romans… J’ai donc de quoi vivre un autre coup de coeur Fargues ! A suivre.

*Par Nicolas Fargues, publié chez Folio

Vivre l’amour près de la mer Rouge ? Un roman, une vieille histoire, paraît-il…

9782081217072 Les amours impossibles près de la mer Rouge…

Flammarion et Chezlesfilles.com m'ont envoyé un livre que je n'aurais sans doute pas acheté de mon propre chef : "Les amants de la mer Rouge". J'aurais trouvé le titre ringard ou à l'eau de rose et j'en serais problablement restée à la 4ème de couverture.

Ce premier livre de Sulaiman Addonia est en réalité dérangeant, démysthifiant, décrivant une jeunesse en Arabie Saoudite déboussolée sexuellement du fait du regard porté sur la femme, jugée "haram" ! Il y a donc tout un marchandage de la relation sexuelle, entre hommes ou entre homme et femme, chacun se débrouillant pour vivre des relations qui n'attirent pas l'attention de la police religieuse. Cela décrit du même coup un monde où la femme n'a pas le même avenir que l'homme puisque tout métier ou situation qui la rend visible lui est interdit.

Instructif, pesant, happant. Un livre marquant, assez inoubliable.

Confidences à Allah

20 ans, une heure 30 seule sur scène, déployant tous les registres de l'émotion, Alice Belaïdi incarne l'héroïne imaginée par Saphia Azzeddine dans Confidences à Allah, publié chez Léo Scheer.

Sur la scène dépouillée du Poche Montparnasse, Alice nous embarque dans le pays pauvre de Jbara, l'héroïne qui mène une vie de gamine exploitée. Son confident, c'est Allah, car c'est la seule présence qui se maintient à ses côtés et qu'elle aime.

Le texte est terrible car il raconte la misère et l'utilisation que l'on fait des femmes dans les endroits du monde où il n'y a rien pour vivre décemment.

Voici un texte cru, remarquablement écrit, sans concession et une actrice hors pair, à suivre absolument.

Hommes… de Yasmina Reza

Reza, j'adore. D'habitude.

D'ailleurs, "d'habitude" n'est pas la bonne expression pour exprimer la délectation que j'ai lorsque j'attrape un de ses livres et l'achète.

J'achète ses livres en aveugle. Pas bonne, l'expression, là non plus. Aveugle et lecteur d'un livre acheté en gare, pas bon ménage non plus.

31CtOxxWa9L__SL500_AA240_ Bref, j'aime lire du Yasmina Reza.  La quatrième de couverture annonçait ce livre comme déjà paru en 2003 avec un titre qui n'avait pas accroché. Changement de titre, donc et là, le titre parle : "Hommes qui ne savent pas être aimés". On se dit qu'on va tout comprendre des mal aimés. Mais non, on tombe sur l'histoire d'un type devenu "un raseur de première" ! Et on s'ennuie à le lire, comme le souhaite l'auteur, qui veut décrire à quel point ce gars est devenu ou se croit casse-pieds.

Malgré l'ennui de la lecture, j'avoue aimer l'histoire et ce rappel incongru, l'air de rien, des années lycée où les gars et les filles fantasment sur les meneurs, sur les plus beaux, sur les plus disjonctés de la classe, les plus charismatiques… en s'oubliant soi.

J'aime aussi le contraste ici offert entre cet Adam, désireux de création et éternellement frustré, et cette brave fille qui s'est arrangée avec ce qu'elle est et avec ce qu'elle vit.

Alors, oui, comme d'hab', j'attends son prochain livre. Un thème comme l'euphorie m'irait bien, pour changer de celui-là…