Vinvin, Cyrille de Lasteyrie, le cow-boy du blog !

Vinvin, happé par la télévision, l’image, le son et maintenant la scène.
Tant mieux ! Il est fait pour cela.

En mars 2006, quelqu’un  m’avait demandé d’être « critique littéraire » et d’écrire (bénévolement) sur les écrits de Vinvin-Cyrille. Comment résister ? Facile d’ailleurs,  j’adorais déjà le lire. J’ai donc plongé dans les archives de son blog et je me suis délectée à « dépecer » son style.

Je vous livre ici le texte que j’ai écrit à l’époque sur not’ Vinvin, notre cow-boy, artiste, homme de plume et un peu Don Quichotte ! 

En somme, je veux vous expliquer pourquoi ça marche…

« Chez Vinvin, le style est vif, le temps présent. Les verbes se succèdent, le rythme est soutenu, la ponctuation fournie, les phrases épurées. Vinvin joue avec les images et les métaphores, excelle dans l’exagération et l’emphase, décale notre point de vue :

  • dans l’arène, face au taureau, « le jeune Daniel se cambre dans
    des postures hypnotiques, agitant sobrement une serviette éponge, excitant notre bon Sigmund sans raison apparente. »
  • Plus loin, il évoque un texte oublié de La Fontaine : « Le puceron et le mammouth à Beverly Hills, opus IV »,
  • des mots nouveaux : « bachelorable »,         «malaudosiphère»…
  • et se réfère à des célébrités « Clint Eastwood », bien sûr, des personnages imaginaires, des animaux impensables : « je flippe comme une femelle mangouste. »
  • Il met à vif nos émotions et décline le rire, la haine, le mépris, la
    fourberie, l’humilité, l’admiration, l’amitié, l’envie, la surprise… puis soudain, il nous rend songeur « …tenter d’identifier ces petits
    moments où votre vie a basculé. »

Chez Vinvin, tout est dialogue : avec lui-même, avec nous, entre ses
personnages… Et tout à tour, le voici : littéraire « Un soleil brûlant caresse l’arène », vulgaire « cette petite tarée de Dora (…) Je t’emmerde salope ! », édenté « fe pas un feu fipfoui fe vafaf ! », enfantin face à son fils, « oui, mais moi j’ai un scooteeeeeer !», modulé « mini crasse de mon mini nain », banlieusard « je flippais ma race »,…

Ses héros ou anti-héros sont souvent Vinvin lui-même. Il se veut courageux et se dit couard… Il s’espère grand, beau et sportif, et avoue qu’il a les pieds plats et des kilos en trop… Il va sur des plages fabuleuses et évite de nager… Il prend l’avion alors qu’il meurt de peur… Et, en filigrane, passent « sa brodeuse et ses nains »  ; ces tendres-là gravitent autour de lui, lui tiennent tête, charismatiques aussi. Et s’il malmène un quidam, c’est un voisin, une vieille aigrie, un vendeur de lunettes à œillères… des personnages, en somme, que nous avons tous rencontrés. Vinvin, homme de paradoxes, vit ses accès de dérision face à son ordi.

Vinvin, héros de mille histoires, tisse notre quotidien… Il nous
apprend à voir notre monde.   Ainsi, il colore nos vies ordinaires et nous aide à nous accepter imparfaits. Vinvin, l’unique !, nous charme, nous fait rire, nous offre sa conquête du monde. Il nous prend à témoin et nous promeut ses amis. Pour nous, blogueurs, un écrivain est bien là, devant son clavier et notre écran. Ce conquérant nous subjugue car il prend des risques, se met en scène, se ridiculise à dessein et en sort indemne.

Un auteur qui ose… une écriture qui se savoure.