Le wagon couinant, « chutttuintant » !

On entre dans le TGV… Trois femmes de la même famille sont déjà installées : une maigre très âgée très ridée, une très très grosse de cinquante ans, une jeune plus qu’obèse. Bon.  Trio pas banal, affublé d’un chien demi-portion maigrichon, mi-chien mi-raton, qui tient dans un petit sac à main… En réalité,  je n’ai pas vu tout de suite qu’il y avait un chien : je m’en suis aperçue quand la  plus jeune et la plus fessue s’est assise dessus et qu’on a entendu un couinement étouffé et étrange… Entre voyageurs, on s’est regardé : d’où vient ce son inénarrable, semblant provenir de l’au-delà ?

Début de voyage pas trop cool : la jeune fille crie souvent sur sa mère ou sur son chien. La mère répond en criant et le chien en grondant et aboyant (agressif, le petit pépère !).  Heureusement, la jeune fille ne crie jamais sur sa grand-mère. D’ailleurs, cette femme-là, à l’inverse des deux autres, semble vouée au silence.

A chaque éclat de voix, on sursaute tous,  d’autant que cela met en mouvement le corps de la jeune fille qui bondit debout dans l’allée, et que cela fait glisser son pantalon très bas et  qu’on a le maigre avantage de voir ses fesses, ses hanches… et sa raie des fesses, bien sûr !  Ca fait beaucoup d’un coup, et souvent !

De surcroît, quand la fille s’énerve ou quand le chien-rat, bien vivant aboie , la mère et la grand-mère font en duo un énorme « CHHHHUUUUTTTT ! » qui réveille définitivement tous les somnolents du wagon !

Entre la fascination qu’exerce sur nous ce quatuor atypique et le bruit de l’énorme chuuutttt, le wagon est partagé entre fous-rires et indulgence. N’empêche qu’il nous tarde d’être arrivés car c’est quasi impossible de lire ou de dormir ou d’avoir une conversation suivie.

Plus qu’une demi-heure… On approche… Et là, d’un coup, la grand-mère, la vieille dame recroquevillée de tout à l’heure apparemment si docile, se met à raconter haut et fort sa vie, sa santé, ses idées, son époque ! Et tatali et tatalère ! Maintenant, les deux autres femmes se taisent, comme assommées elles aussi par le discours de l’Ancêtre ! Le chien rentre dans son sac à main et ferme un oeil. Et nous autres, tous les autres, dans le wagon, claquons bouquins, ordis et tout le toutim, car là, on a conscience que tout est dit, qu’on n’a plus qu’à assumer cette ambiance wagonnesque qui part en vrille, qu’on n’a plus qu’à surveiller nos montres, en espérant ne pas devenir dingues dans ces dernières minutes ensemble !

L’arrivée à quai libère les gens et les esprits. Les trois femmes et le doggybag sont attendus sur le quai par deux armoires à glace avec qui mieux vaut ne jamais avoir à en découdre ! Et pêle-mêle, on se rue tous dehors à notre tour, heureux de quitter l’étrange théâtre où l’on a été pris au piège d’une saga familiale bizarroïde !

J’adore le train ! Vrai de vrai !

‪#‎bringbackourgirls‬

Se mobiliser pour ces fillettes et jeunes filles enlevées au Nigeria, c’est lutter contre l’esclavage, contre l’abus sur les minorités.  C’est veiller à ce que les bons droits acquis péniblement par les générations précédentes dans un coin de la planète restent gagnés et se répandent à travers le monde. Les filles de 12 ans et les femmes de toutes origines, où qu’elles soient, ne peuvent être réduites à des vagins, des ventres, des bras.

2014-05-12 09.15.47
Rappel : en France, droit de vote ouvert aux femmes après leur engagement dans la Résistance : 1944. Vous avez bien au moins une femme de 70 ans dans votre entourage ?  Juste pour mesurer la vulnérabilité de ce qui est acquis. On sait tous que quelquefois, brutalement, certaines civilisations tombent en déclin…

 Aidons les peuples à avancer dans le bon sens. Car l’éducation des hommes et des femmes passent par les femmes. Nos voix s’entendent : c’est notre moyen d’agir et de rendre les réseaux sociaux très utiles.

Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Du grand cinéma, que diable !

Tout a été dit sur ce film magique ! Courez-y ! C’est un régal d’humour, d’intelligence, de jeux d’acteurs fabuleux !

C’est constructif, dopant, réaliste, optimiste ! On rit de tout, on se délecte ! Bref, le talent est là, partagé par tous !

 Ah ! J’adore !!!

La pêche ! On en veut des milliers comme celui-ci.

Bravo  et merci à tous à Philippe De Chauveron
et Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Medi Sadoun, Frédéric Chau, Frédérique Bel et tous les autres !

A voir et à revoir, dès que possible…

« Pas son genre » : l’excellence ! alors que les 2 autres, « Une rencontre » et « La vie d’Adèle »…

Trois films,  trois histoires d’amour : des points communs…  Des nuances de taille :

« Pas son genre » , un film  de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne et Loïc Corbery (de la Comédie Française)

Consulter la fiche du film 'Pas Son Genre' EXCELLENT !

Emilie Dequenne est Top, comme d’habitude ! Son partenaire, Loïc Corbery, est lui aussi remarquable dans ce rôle d’homme qui se pense épicurien  mais qui, arc-bouté dans ses principes de liberté absolue, reste sectaire et égoïste, et incapable de déchiffrer ce qui lui arrive.

Clément, philosophe, parle de philosophie, initie à la réflexion philosophique et l’écrit. Jennifer, coiffeuse,  a une compréhension intuitive, franche et pertinente de ce qu’elle donne ou fait, et… (on le devine) vit, sans y réfléchir, avec philosophie. L’un se croit fort, bardé de sa réflexion, de ses connaissances et de ses choix personnels fortement affirmés, et l’autre est véritablement forte, en sachant tenir compte de ce qu’elle est, de ce qu’elle ressent et de ce qu’elle peut donner et recevoir dans la vie.

Merci, Monsieur Belvaux !

Un film excellent, plein de gaieté, d’intelligence et d’énergie et qui m’incite, par contraste, à parler de deux autres  que j’ai vus aussi.

Hier, nouvelle virée au cinoche pour voir le film de Lisa Azuelos avec Sophie Marceau et François Cluzet…

Une Rencontre AÏE !!!

Voilà, c’est fait. En regardant l’affiche du film, vous avez tout vu ou presque… Il vous manque les minauderies et la superbe silhouette de cette excellente actrice et les airs benêts de cet excellent acteur ! Quel gâchis !

Cela aurait été astucieux de vraiment traiter le sujet tel qu’il a été évoqué par Sophie Marceau lors d’une interview : le thème du fantasme et du désir qu’on ne concrétise pas. A la place de cela, vous avez un film aux scènes creuses avec des techniques de vire-voltage de la caméra, des flous mille fois vus et un contenu au ras des pâquerettes ! La première scène, la rencontre, est accablante de bêtise ! Patience, on espère que cela va s’arranger… Mais non !

Ces deux personnages-là ont des super jobs mais on les voit constamment dans des situations professionnelles totalement creuses elles aussi ! Et pour bien nous faire comprendre que François Cluzet est l’homme le plus craquant dès la première scène, il est constamment entouré d’hommes rendus totalement ordinaires… Enfin, comme le film est surtout une ode réussie à la beauté de Sophie Marceau, on se dit que les cachets des deux stars étaient tels qu’il fallait économiser pour le reste…

On est donc très loin de tout ce que l’on peut aimer chez ces deux acteurs d’exception qui se sont fourvoyés en acceptant ces rôles archi-plats. (Ouf, le battage médiatique fonctionne : cela leur servira au moins à payer leurs impôts dus pour les réussites passées…)

Enfin, parlons ensemble de « La vie d’Adèle ». Quand le film est sorti, j’ai pensé : « Un grand film annoncé. Soyons modernes, allons-y… »

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2Un film d’Abdellatif Kechiche

avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux…

Là encore, le battage médiatique est fort ! On a l’impression de tout connaître : la difficulté du tournage, les cadences de travail pour toute l’équipe,  le comptage des cuisses et du reste puisqu’on a appris qu’en plus des actrices stars, il y a eu des doublures pour les scènes les plus hard, etc.

Alors oui, notre Adèle actrice mérite  son ou ses prix. Oui, le point de vue sur la société et le déterminisme des milieux sociaux se défend. Oui, le trouble du coup de foudre en pleine rue et la drague subtile qui s’ensuit sont de belles images.

Mais, Diable !  Que de lourdeurs… Comme ces scènes de repas spaghettis, avec gros plan insistant sur les bouches ouvertes, sont dégoulinantes et lentes !… Comme ces scènes en gros plan de léchage et tripotage de corps sont longues et pesantes ! Cela devient technique. Peut-être que  tout cela est filmé pour faire fantasmer  certains publics. Subtilité out. Emotion nulle.

Si Abdellatif Kechiche voulait faire comprendre au spectateur qu’aller voir son film, c’est du voyeurisme, c’est réussi, on est servi.  Cependant, cela restera une aide au combat à mener contre l’homophobie et l’exclusion.

Les points communs des trois films ? Le coup de foudre, l’amour, la confrontation des milieux sociaux. Le premier joue sur les messages, le deuxième sur le choix des comédiens, le troisième sur le choc des images.

Vous avez compris ma préférence : de l’amour, certes, avec du subtil et du sens. Le seul à voir absolument : « Pas son genre », de Belvaux.

 

 

 

Nicolas Fargues, « Tu verras »

Prendre le train me permet toujours d’attraper un livre et de découvrir un nouvel auteur.  Cette fois-ci : « Tu verras », Prix France -Culture 2011*, a priori pas trop de risque d’ennui…

Et bien oui, j’ai eu raison. Une très belle écriture, une pensée profonde, un contexte moderne. L’histoire apparaît vite comme un moment de vie atrocement difficile mais l’auteur offre aussi à son personnage de laisser tomber ses oeillères et de s’ouvrir à autre chose. Pour survivre, il faut évoluer, changer.

Autre bonne nouvelle  : il a écrit 9 romans… J’ai donc de quoi vivre un autre coup de coeur Fargues ! A suivre.

*Par Nicolas Fargues, publié chez Folio