Se dire « normal » : un « laissez-passer » ! V. 2

Il avait dit qu’il était un homme normal. Et nous avons  pourtant espéré que le pouvoir le rendrait hors du commun, donc plus tolérant, plus à l’écoute, plus généreux, moins centré sur lui-même et sur son plaisir. « La fonction fait l’homme », dit-on. Lorsqu’il y a une mission à mener, une nation à faire vivre et à représenter, on aimerait que l’ego, le flou, le mensonge, la trahison, l’insulte publique disparaissent au profit du devoir ou de l’engagement pris… Utopie.

Alors, si être un homme comme les autres, c’est avoir supporté un tweet de trop de sa compagne qui grillait inutilement la mère de ses enfants, si c’est faire du gringue à une autre, faire le mur et rouler en scooter… OK, merci, le tableau est peu reluisant pour un président.

Oui, on l’a cru ordinaire. Bon, il l’est.  Ses compagnes aussi, peut-être…  Mais quand on est le n°1 des Français, si l’affront donné devient public, il est d’une violence inouïe.  Et les souffrances imposées à sa compagne en titre sont d’une cruauté terrible.

Il avait dit de lui-même qu’il était un homme normal : c’était son « laissez-passer ». On regrette qu’il ait mis la normalité à ce niveau-là.

PS J’ai allégé ce texte le lendemain de la conférence de presse.  Le président a donné de la gravité à sa fonction et à ses engagements. Il a  montré sa détermination à alléger les charges des entreprises françaises pour rendre leurs offres plus compétitives : bon choix. Et il a su éviter les questions qui risquaient de le cantonner à être un coureur de jupons.