Une kyrielle de femmes au gouvernement ! Enfin !

Enfin, un homme qui n’a pas eu  peur  ! Enfin quelqu’un qui donne corps à la parité ! Enfin, on n’entend pas cet insupportable discours machiste disant : « Les femmes sont décalées dans leur carrière par rapport aux hommes donc on ne peut pas avoir recours à elles pour des postes importants »… « On veut bien en nommer mais elles n’ont pas le niveau, pour l’instant »… « Si on les nomme mais qu’elles ne savent pas tenir leur rôle, on sera bien !… » ou toute autre fadaise dont on nous abreuve depuis tant d’années !

Oui, il a nommé des femmes, oui, il a bien fait, oui, il a raison d’avoir confiance en elles autant que dans les hommes.

Bravo ! Voilà qui est fort ! C’était quoi le slogan déjà ? Ah oui : « Le changement, c’est maintenant. » Eh oui, Messieurs, les Femmes arrivent… Accueillez-les, il est temps ! Et vous verrez, elles vont beaucoup apporter à la Nation. Yes !

De l’importance de donner du sens, en politique comme ailleurs…

Se voir confier le soin de défendre les valeurs auxquelles le peuple tient :  l’enjeu d’une élection présidentielle… Mais peut-être vous, à la tête d’une équipe, menez-vous au quotidien un combat similaire : obtenir l’adhésion…

Ah si Sarkozy avait su combien son « N’ayez pas peur ! » a foutu les j’tons ! Car son dynamisme d’il y a 5 ans s’était transformé en vélleités et soubresauts, son ouverture d’esprit de l’époque s’était muée en raideurs, son art de commander transformé en exigences assénées, ses ministres en marionnettes silencieuses, ses porte-paroles en femmes courageuses allant au front à la place des hommes qui se taisent pour avoir le temps de prendre leurs distances…

Sarkozy avait bien commencé son mandat de « Président de tous les français » avec la nomination de gens de gauche et du centre dans son gouvernement afin d’intégrer des opinions variées dans ses décisions… mais il l’a mal fini en optant ces derniers mois pour un choix d’alliance totalement opposé. Ainsi, entre les deux tours, les appels du pied renouvelés par Sarkozy à l’extrême-droite, ont été son erreur. Le candidat s’est alors affiché totalement incompréhensible, donc imprévisible donc dangereux.

De même que son arrogance, snobant Bayrou en l’estimant acquis à sa cause, l’a pénalisée : c’est toujours une grosse erreur en communication d’avoir l’air d’oublier celui que l’on croit déjà de son bord…

A cela s’est ajoutée l’impossibilité pour les hésitants de voter blanc car cela aurait pu s’apparenter à un vote Front National.

Ainsi, tandis que l’un s’époumonait, s’agitait de droite à gauche, semblant égaré, papillonnant et inconstant, l’autre a maintenu sa ligne, son discours, ses valeurs facilement accessibles, tout en modulant le ton du discours et des réparties (pour afficher sa combativité), mais en traçant avec constance le sillon annoncé… On avait, d’un côté : « Après moi, le chaos ! »,  de l’autre : « Je vous ressemble, nous allons nous comprendre. »

Alors la cause fut pliée : Sarkozy pris en étau ! Tout le bouscule et se mue contre lui. Et hop, Hollande prend le pouvoir ! Il faut dire qu’en 1 an Hollande s’est remarquablement construit… et il a joué « vrai ».

Et le peuple, lorsque il comprend les valeurs de quelqu’un, il a des facilités à le suivre. Car celui qui ne donne plus le « bon sens » à ce qu’il fait ou dit, on le lâche !  Et Sarkozy a tellement changé en passant d’une ouverture à gauche en 2007 à un appel à  l’extrême droite en 2012 qu’il était impossible qu’il rassemble sur son nom. Ce manque de constance l’a pénalisé.

Vive la démocratie qui impose à nos élus de savoir parler de leurs valeurs ! Vive ces mandats de 5 ans qui permettent d’adapter la vie politique à la rapidité de ce monde hyperconnecté  ! Vive le pouvoir de l’image qui donne à voir les sincérités, les élans, les raideurs, les grimaces ou la hargne des candidats ! On les cerne plus vite, on les repère, on les comprend, on les rejette ou on les adopte… Car on peut mentir plus facilement avec les mots qu’avec les attitudes. L’image rend donc le peuple plus clairvoyant.

Diriger un pays est toute une affaire ! Pour recevoir le pouvoir des électeurs, il faut leur avoir expliqué ses valeurs, les leur faire partager puis s’y tenir.

Maintenant ce qui va compter, c’est que les attentes des Français soient comblées… et que les déceptions soient prises en compte et justifiées.

Et vous, face à vos équipes : vos valeurs, votre cohérence, votre stratégie… ? Ca va ? Vous en parlez souvent, vous les partagez  avec elles ?

Les brumes de la campagne bientôt levées

J’ai renoncé à commenter ici ces longs mois de campagne électorale, de prévisions, d’attentes, de combats de coqs, de déchirures et d’injures. J’aurais pu décrypter sur ce blog les tics verbaux, les tics gestuels, les regards fuyants, les gorges nouées, les lapsus, les phrases assassines, les kyrielles de tournures négatives, les chiffres faux, les épouvantails brandis, les « fais-moi peur ! » et les « tu me fais mal ! », les colères rentrées, les joutes verbales par micros interposés, les non-dits, les alliances soudaines et improbables, les vestes retournées, les abandons de poste, le discours phraseur et onctueux, les mensonges, les pitreries volontaires ou subies, les conjoints ou compagnons pistés et utilisés à leur tour, les mines sombres, les yeux cernés, les maquillages ratés ou bien dosés, etc.

J’aurais pu choisir de vous alarmer sur ces mots appris par coeur, écrits par des communicants, et qui sont plaqués ici ou là parce qu’il le faut… ou encore ces mots qui  viennent spontanément aux candidats et qui dénotent des tempéraments qui sont comme ceci ou comme cela… Non. Rien. Ici, vous n’avez eu le droit à rien. Et j’ai pourtant presque tout suivi, jusqu’à saturation. L’affaire était trop grave… et le vote est libre, individuel. En tant que « Professionnel de la communication », dans cette période pré-électorale je me suis donc imposé un devoir de réserve.  C’est déjà capital d’accepter qu’il y ait d’éventuelles divergences de vue en famille, entre voisins, entre amis… D’autant que les journalistes, nombreux sur le coup, ont fait leur boulot. Alors, mes commentaires eussent été superflus voire déplacés…

Moi, maintenant, j’attends le lundi 7 mai. Que la page se tourne ! Qu’on reparte vers l’action, les décisions, l’émulation ! Que l’activité reprenne ! Qu’on s’attelle de nouveau à anticiper, réfléchir, innover, programmer, lancer des pistes, réveiller les esprits, désengourdir les bras, fabriquer, créer, bâtir, sauver des usines, garder les emplois, faire travailler les petits à côté des grands.

Le droit de vote, c’est formidable !… mais l’attentisme qui précède le jour J est une énorme perte d’activité économique car cet horizon si longuement flou incite à laisser les projets enfouis !

Alors, j’aspire au 7 mai…  tout simplement ! Vivement lundi !