Campagne en politique. Présent et Futur. Indicatif et conditionnel.

« Si je suis président » ou « Lorsque je serai président ». Quels mots les plus utiles au candidat ?

  • « Si je suis président » confère une attitude modeste et juste mais qui peut laisser supposer un doute sur soi-même, sur sa carrure ou ses propres capacités à être choisi. Mais bon, cela a le mérite d’éviter de sembler prétentieux ou suffisant.
  • « Lorsque je serai président », dans le meilleur des cas, induit une projection positive de soi en poste, une situation de réussite envisagée et que l’on considère comme réaliste ; dans le pire des cas,  cela peut passer pour de l’arrogance, un éventuel aveuglement, une certitude effrontée. Cela peut inciter l’électeur à montrer qui a le pouvoir dans le bureau de vote : ça passe ou ça casse.

Mais, en face, sous pression, le contradicteur du candidat peut être tenté d’osciller lui aussi entre : « Si vous devenez président » ou « Lorsque vous serez président »… Et là, l’impact est autre !

  • « Si vous êtes président » ramène bien le candidat à une situation encore hypothétique et l’y cantonne.
  • Mais si, soudain, par mégarde, le contradicteur lâche quelques mots comme : « Quand vous serez président, vous verrez bien que vous devrez faire des choix »… Paf ! Il a utilisé le futur, temps qui semble dire que la situation est envisagée comme une future réalité, donc, qu’elle aura lieu.

Présent et Futur. Indicatif et conditionnel. Parfois un maigre petit « s » change le sens…

  • « Je t’aiderai volontiers. » Indicatif. Futur. = « Je vais le faire. »
  • « Je t’aiderais volontiers mais… » Conditionnel. Présent. = « J’en ai l’envie mais… »

Ainsi, des paroles, des promesses, des prises de risque bien ou mal calibrées en période de campagne électorale permettent aussi de savourer la richesse de la grammaire française.

Lejaby. Elles sont touchantes, ces femmes…

Quelques femmes désespérées et déterminées qui parlent de leur vie à l’usine toutes ensemble, depuis des années.

Quelques femmes sans prétention qui parlent vrai, avec les mots qu’il faut, et les larmes (parce que ça, c’est le trop-plein et c’est ingérable…)

Quelques femmes qui évoquent pour chacune d’entre nous un travail raffiné et de qualité car toutes, nous connaissons les soutiens-gorge Lejaby, leur qualité, leur charme et leur prix.

Alors, oui, elles sont devenues un symbole ! Derrière les mannequins canon qui ont tapissé les abri-bus dans les villes, il y a ces femmes touchantes, fières et unies.

Oui, Messieurs, c’est le moment de débouler en costard dans l’usine non pas pour mater ces jolis vêtements mais pour vous occuper de ces ouvrières qui font, elles aussi, partie du tissu régional de la France. Au boulot, Messieurs, prenez le relais et vite encore ! Merde, alors !

Aung San Suu, « The Lady » et Luc Besson

Dimanche dernier, jour de la libération de Aung San Suu, en Birmanie, nous étions à Paris, dans une salle de cinéma, bouleversés par le très beau film de Luc Besson. Quelle femme hors du commun, cette  dame, Aung San Suu qui, par ses convictions et son calme malgré l’oppression a largement mérité son Prix Nobel de la Paix ! Que de sacrifices faits pour son pays : son père assassiné,  20 ans d’assignation à résidence surveillée dans sa maison tandis que ses enfants et son mari vivaient en Angleterre, son mari aimé mort loin d’elle, etc. Ce film est remarquable !