« Tout ce qui brille » de Géraldine Nakache. Le mensonge, ascenseur social.

Tout ce qui brille

Un film sympathique, touchant, vif, cadencé. Bien plus riche qu'il n'y paraît !

Je défendrai toujours les films qui mettent en scène la condition de la femme et l'appétit de la jeunesse pour changer le cours de la vie, reprendre la main et vivre autre chose.

Ce film de Géraldine Nakache mérite, me semble-t-il, une lecture plus fine qu'il n'y paraît.

Ces deux femmes, voire ces trois femmes car il faut intégrer le personnage de Virginie Ledoyen comme ayant un peu plus tôt suivi le même itinéraire, mettent leur joli minois, leur intelligence et leur liberté sexuelle au service de la réussite.

Et tout est construit sur du mensonge, jusqu'à cet enfant attachant, ballotté, étranger et perdu dans ce monde d'adultes "friqués", enfant qu'on attribue hâtivement dans une conversation de salon à une femme asiatique alors qu'il est typé d'Afrique du Nord et qu'il se sent enfin si bien, lové dans les bras de ces jeunes filles qui lui ressemblent.

Le mensonge, qui dans cette histoire parfois fonctionne parfois rabaisse, permet à ces jeunes femmes d'espérer sortir de leur ghetto de banlieue ; le mensonge est bas, énorme, humiliant pour les parents ; il offre du rêve à ces jeunes filles mais pas vraiment le bonheur.

Le mensonge comme ascenseur social. On a vu, dans d'autres vies d'autres films, des gens sans foi ni loi s'en servir pour se grandir soi tout en nuisant à autrui.

"Tout ce qui brille" met à l'honneur, par ricochet, des valeurs fondamentales : l'amitié et l'esprit de famille car l'une et l'autre savent pardonner le mensonge qui, lui, ne mène pas bien loin. Les parents de ces jeunes femmes regardent avec intelligence leurs enfants tenter de vivre différemment et de changer le cours de ce qui est écrit. Sans s'immiscer dans leurs vies, attentifs, ils veillent. Et les amis aussi.

Beau film.

Oléron m’a fait rêver… Oléron, reine de « l’arbitraire »…

La mer le sable

Oléron, l'horizon, une pointe d'infini.

Le regard perdu au loin, ressourcée par tant de calme beauté, j'ai rêvé de vivre à Oléron. 

J'ai l'impression de connaître cette île par coeur… et d'avoir tout arpenté : les terrains à construire, les vieilles baraques à retaper, les maisons neuves, les projets des promoteurs…  Et, je suis sûre d'avoir même visité des bouts de zones inondables aux prix largement alignés sur les plus beaux coins de l'île !

Et puis, un jour, j'ai tourné les talons ! Trop cher !  Des petits lopins de terre et des prix de dingue ! Trop chers ! Des coins qui m'ont fait fuir… proposés à des prix "arbitraires".

C'est sûr, pour faire une bonne affaire, il valait mieux être agent immobilier ou promoteur plutôt qu'acheteur d'une maison…

Alors, oui, je pourrais bien faire partie de ces gens-là, traumatisés, puis chassés après avoir été bafoués lors de leur achat. Car les claques tombent en chaîne : avoir trop payé, être mal logés, se voir agressés puis mis en danger.

On entend souvent cette expression : "L'énergie du désespoir". Oui. Il leur reste ça, à ces gens-là : se battre pour rester debout, rester digne, rester valeureux dans le coeur de leurs enfants. Remettre en cause d'éventuelles décisions "arbitraires".

"Roulés dans la farine", dit-on d'habitude… non, là-bas, en Charente-Maritime ou en Vendée, on pourrait dire "Roulés dans le sable". Alors, une fois la tête désensablée et hors de l'eau, il ne reste plus qu'à hurler ou mordre. Des pépètes ! Pour guérir… un peu. Laver l'affront. Qu'on ne les prenne pas pour des imbéciles devenus mal-heureux ! L'argent et la désignation de coupables avec l'aide de la justice les aideront à reconstruire. A SE reconstruire. Ailleurs.

Courage ! Il y a mille autres endroits où l'on peut être heureux… et rester en vie. Le choix d'un lieu de rêve ? "Arbitraire"…

 

Jean-Louis Etienne, l’homme heureux…

Seul dans l'immensité blanche, perché dans un ballon et heureux d'y être ! Jean-Louis Etienne vit le nouveau tome qu'aurait pu écrire Jules Verne après "Le tour du monde en 80 jours" !

J-L E  reviendra du pôle nord avec des masses d'informations utiles au monde entier.

Héroïque. Admirable.

Faut-il l'envier ? Oui, pour les photos sublimes qu'il sera le seul à pouvoir faire, oui pour cette combi rouge qui a l'air bien confortable… Pour le reste, aglagla ! C'est vrai, je n'aurais jamais été un poids pour un homme de ce genre ! Nous sommes sur deux planètes différentes. Me peler de froid toute seule dans un ballon ? Quelle horreur ! Eh oui, à chacun ses rêves !

En revanche, il a l'air très-très sympathique et modeste, cet homme-là. C'est ce que l'on aime formidablement chez les gens d'exception : cette accessibilité-là.

 

*J'étais invitée par Teymour à sa conférence de presse le 25 mars, à son départ. Surbookée, je n'ai pu y aller. Si je suis conviée à celle de son arrivée, j'espère être dispo ! Le retour, ça se fête aussi, non ?

Insolite tour du monde : les goûters !

En Russie, au goûter, vous pouvez déguster du caviar rouge. La classe !

 

En Lituanie, indispensable d'expérimenter les oreilles de cochon grillées, avec un brin de vodka et du café. Ca surprend !

 

Au Laddakh, laissez-vous offrir du thé salé au beurre de yak offert par les Tibétains. Drôle de bouillon entre ciel et terre, sur le toit du monde. Divine expérience…

 

Au Maroc, plus facile, un thé sucré à la menthe et vous voici acidulés !

 

En Tanzanie, à proximité des lions et des girafes, rien de tel qu’un Coca. Même tiédasse.

 

Aux USA, vous prenez le risque de vous gaver éternellement de beurre de cacahuète… Miam ! Mais adieu la ligne !

 

En Namibie, de l’eau plate en bouteille : l’idéal… face à la pureté du désert. Garder l’esprit libre et les yeux ouverts pour boire l’horizon…

 

En Corée, il faudra bien ingurgiter l'incontournable salade de chou à l’ail, acide, au goûter comme au déjeuner… Pitié !

 

En Argentine, il n’y a pas d’heure pour savourer ces petits pains farcis à la viande, qu’on soit dans la pampa, la cordillère des Andes ou l’enchanteresse Buenos Aires. … Empanadas, mmh…

 

En Chine, tous les thés semblent impériaux. Avec ou sans chien grillé. En mangerez-vous un jour ou l'autre, sans le savoir ?

 

En Indonésie, un souvenir marquant : le babiguling qui, je l’espère, n’est pas un « baby googling » !

 

En Afrique du Sud, toute heure peut être celle du steak d’autruche ou de la viande de crocodile. Décoiffant !

 

En Angleterre, le « Earl Grey » reste Le Thé. Divin !

 

A Cuba, le mojito vous donne des pieds ailés pour danser le tango jusqu’à l’aube… Avec des joueurs de guitare vous chantant « Besame mucho » et le tour est joué !

 

En Espagne, on avancerait bien  de quelques heures celles des banderillas, debout au zinc, si utiles pour refaire le monde !

 

Et partout ailleurs, les fruits en écorce attirent bel et bien : petits bijoux empaquetés, cadeaux de la nature, à l’abri des démons qui rendent malades.

 

En France, moi, je reste "fan" de la baguette du coin, craquante sur le dessus, tendre dedans et sur laquelle je serais même cap’ d’étaler de la sardine à l’huile d'olive écrasée et mixée à du beurre… Oui… Pour le goûter… Mmmh, ma mère tartinait cela. Parfois. Une gourmandise trop riche dont elle se méfiait car elle surveillait sa minceur. J’aimais surtout dans ces moments-là son regard brillant. J’ai gardé ce souvenir intact. Moi, enfant, je voyais ma mère telle qu'elle était depuis l'enfance : espiègle, libre et rayonnante.

 

Ce côté « C’est une folie mais je me l’offre quand même ! », c’est ça, le goûter pour moi : déraisonnable et si bon ! Et joliment pimenté, surtout à l’autre bout du monde !

 

 

A voir : le blog www.legouter.fr d'Mry

Savoir bien dire…

La rapidité des uns, la lenteur mortelle de certains autres, les "heu" qui rythment une pensée tâtonnante, les débuts et les fins de phrase massacrés, la diction molle, la tristesse des messages, la posture ratatinée de l'orateur, les tics gestuels, la gestion dramatique du temps imparti, les "quoi" et les "voilà" et les "m'enfin" qui ponctuent l'ensemble, la bouillie de syllabes, le manque de plans et de perspectives, le souffle court, les yeux exorbités, la langue sèche, le haut du crâne en avant, le corps qui se balance, la voix qui lâche… tout cela ajouté au choix de mots rasoirs, peu valorisants, peu engageants, longs et verbeux et… Vous avez un joli condensé d'ingrédients casse-gueules pour toute présentation orale !

Un même orateur cumule rarement tous ces défauts ! Et heureusement tout s'apprend ! Le charisme s'acquiert et, s'il est inné, il se peaufine.

Chacun a des atouts personnels pour la prise de parole : c'est un repérage de départ nécessaire, une prise de conscience utile pour bâtir le reste.

J'adore mon job ! Révéler le meilleur chez l'autre, enlever les scories, revenir à l'essentiel, lui donner combativité, confiance et goût du partage. Aider à la prise de parole utile et rendre la communication entre les gens fluide et constructive.

Parler en public, c'est prendre un risque, certes, mais c'est aussi prendre du pouvoir, transmettre ses convictions, donner et recevoir, franchir une marche et en être heureux.

Quand un ministre, un leader, un manager perdent leur jugeotte ou deviennent la victime de leur énorme ego…

 

Obéir sans réfléchir. Etre ici et là. Ici aujourd'hui dans ce coin du monde (pour parler d'Haïti !) et là demain dans un autre… car la France ne pourrait survivre à l'absence ici ou là d'un ministre ! Alors, la France paiera le billet d'avion 115 000 €.

Quel mépris pour ce peuple haïtien qui a tant besoin d'argent, quel mépris pour ces" petites gens" en France qui croient qu'un membre du gouvernement se décarcasse pour eux !

Mais où sont les conseillers, les éminences grises, les fous du roi, ceux qui ont encore du bon sens et peuvent signaler à un ministre la grosse bêtise qu'il doit éviter ?

"IL" a fait la grosse boulette. Et quand il se justifie (si mal !), c'est pire ! Car nous, le public, nous croyons comprendre :

"115 000 € parce qu'il se croit irremplaçable ici et là !

115 000 € parce qu'un discours à prononcer ne se délègue pas !

115 000 € parce qu'il le vaut bien !

115 000 € parce qu'il est au-dessus de ces contingences matérielles…"

Mmh… 115 000 €, cela représente combien de mois de salaire minimum ? Désolé, je ne sais plus compter !

Eh oui ! S'il avait demandé à son patron quoi faire, la réponse (au regard du devis…) aurait été : "Restez où vous êtes !"

Comme Icare, à trop s'approcher du soleil, les ailes fondent. S'ensuit la chute. A moins qu'il y ait encore une vague branche à laquelle se raccrocher… Attention !