Leader, une tête d’avance ou la tête sous l’eau ?

Avoir des convictions, se montrer fort, tenir le rythme tout en respectant l'autre. Banal à dire. Si difficile à réaliser.

Voyons en politique. Une idée à défendre. Un homme qui joue la montre avec autorité, parle d'un ton tranchant et froid, affiche son inconfort par des tics faciaux et une allure raide. Son image alors pollue son message et le spectateur n'aura vu qu'un homme campé sur ses positions, l'esprit fermé, suggérant le mépris qu'il a du questionnement, des angoisses ou réticences des autres. 

Ainsi, la pub de lancement fut mauvaise ! Et quand les idées sont mal vendues, elles sont mal reçues. Il faut maintenant remonter le courant et prendre un nouveau départ… ou subir les remous et boire la tasse.

Etre un leader écouté et suivi, ça se mérite. Ca se travaille.

Pas vierge ? Elle a eu « chaud » !

Les nouvelles vont vite ! Même la radio en a parlé…

C'est la fête. Un couple se marie. Et pan ! L'homme réalise que, contrairement à ce qu'il a cru, la femme n'est pas vierge. Drame ! Et le mariage est annulé. Oui ! Annulé ! Le motif ? Tromperie sur la marchandise ?!?

Elle a eu "chaud", cette femme-là ! Vous imaginez la vie avec un gars pareil ? En France, Mai 68 est passé par là pour rendre aussi à la femme son corps et sa liberté. De quoi nous parle-t-on alors ? D'une régression ?

Et les hommes, comment savoir s'ils sont vierges ou pas ? Et, ma foi, quelle importance ?

Aujourd'hui, tournent dans ma tête des mots comme "liberté, respect, amour, tolérance, projet de vie… Autant de mots qui rendent un mariage heureux."  Alors, ne militons pas pour que ce mariage soit revalidé ! "Madame, heu… pardon… Mademoiselle, l'erreur dans ce mariage, c'était peut-être de l'avoir épousé, lui !"

Clairvoyance en berne. Chocs. Progrès en vue ?

A chaque choc pétrolier, nous baissons le nez, honteux de notre société consommatrice d'or noir.

A chaque crise économique, nous comprenons que les financiers se sont emballés, jouant la surenchère, tandis que l'homme au travail, sur le terrain, a perdu de son prestige.

A chaque alerte sur la production mondiale (riz, café, lait, blé…), nous avons conscience que la mondialisation a créé des dépendances d'un pays à l'autre sans pour autant éviter la famine dans les pays les plus pauvres.

A chaque mise en images des pays émergents aux populations foisonnantes, nous réalisons qu'il faudra partager les richesses.

A chaque ouragan, séisme ou raz-de-marée qui surgit dans tel ou tel pays, nous mesurons que nous sommes vraiment peu de choses.

Et, aujourd'hui nous cumulons : le prix du pétrole, la crise des subprimes et le pétage de plomb de petits gars dans les banques, la production de denrées alimentaires mise en péril, la combativité de la Chine et de l'Inde, et les images de catastrophes en Birmanie, Chine, USA… Tout cela se paie : le pouvoir d'achat baisse, le monde du travail change.

Et vous êtes surpris par les sondages mettant en évidence, ici ou là, le mauvais moral des gens ?

Nos sociétés se sont emballées pour créer du progrès par ici, en oubliant les risques pris par là. Imagination d'un côté, aveuglement d'un autre. Correction attendue.

De la crise naît le progrès. Relevons nos manches et réinventons le monde.

En politique, à gauche et à droite, les outsiders font le show !

Un micro par ci, un micro par là. Des gens à droite à gauche qui parlent à hue et à dia d’ambitions et d’idées. Des egos qui explosent et qui veulent être "Grand chef" à la place du grand chef. C’est la guerre du bon mot au bon moment !

Fini le temps de l’obéissance (apparente) des sous-chefs qui rongeaient leur frein en silence. Maintenant, sortis de la troupe, les outsiders saisissent la force des médias et se la jouent solo. Le débat se lance en public.

Ca fragilise un parti, un leader, un président, un pays ? Où est le problème ? La politique n’est-elle pas, elle aussi, un show télévisé  ? Zappant sur la "Loft Story" et "Le maillon faible", les fous du roi jouent maintenant à "La nouvelle star". En direct.

De quoi parle-t-on dans votre entreprise ?

De quoi parle-t-on dans votre entreprise ? Du marché, des produits, de l'ambiance, des projets ? Les couloirs bruissent-ils de phrases comme ci ou comme ça :

"La concurrence nous a pris une part de marché capitale mais les troupes sont en rang serré, prêtes à se battre."

"Le marché est vraiment étroit mais nous sommes dans une niche vouée au succès. C'est grisant !…"

"On lance un produit nouveau par semaine ! c'est trop, on a du mal à suivre sur le terrain…"

"La filiale Zoom cartonne depuis des mois, ça entraîne tout le groupe, c'est bon pour nous."

"Ils finiront par avoir ta peau et celle de ton chef…"

"J'ai peur : je suis sur un siège éjectable…"

"Nous sommes dans un monde de tueurs…"

"C'est cool ici, c'est chaleureux, on se sent aimé et impliqué ! Le bonheur ! C'est la première boîte où je vis ça !"

"Ici, on navigue à vue. C'est tantôt blanc, tantôt noir…"

"Le monde est dur, la course est effrénée mais nous, on a un patron nickel ! Avec lui, on sait où on va !"

Vous ne savez pas ce qui se dit dans "vos" couloirs ? Auriez-vous oublié de décoder le langage : peur, combat, confort, zen attitude, découragement ? Vous croyez-vous  sourd et aveugle ?

Utilisez donc vos réseaux pour qu'ils vous remontent l'information mais veillez à les avoir tissés avec des gens estimables. Gare aux malveillants.

A Cannes, Harrison Ford grimpera-t-il les marches 4 à 4 ?

65 ans, une bande annonce d’Indiana Jones le montrant bien fringant, une allure tantôt d’increvable baroudeur tantôt de gentleman au look de séducteur intemporel, Harrison Ford me séduit toujours…

Vinvin , lui, cherche à voir Clint aux US, moi, j’aurais dû partir à Cannes pour voir Harrison et l’interviewer ! C’est nul ! J’aurais dû filer en vélo il y a quelques jours pour arriver là-bas en superforme moi aussi, bronzée, cheveux au vent… Un peu de mise en scène, que diable ! Quel manque d’anticipation ! Bon. Je n’aurai plus qu’à rester devant le poste ce soir… C’est "moins ça" d’un coup, moins fun, non ?

Mais s’il grimpe les marches comme tout le monde, cela va me casser le moral. Allez ! Même un vol plané avec un rattrapage élégant m’irait ! Affaire à suivre…

Scène de la vie ordinaire

L’école est fermée. Artémise doit confier son môme à quelqu’un car son job l’attend. En qui avoir confiance ? Le gardien ? Y en a un en tôle pour avoir abusé d’une des habitantes de son immeuble, La voisine ? A Outreau, y en a eu une qui… Au curé ? Y en a qui… Aux parents d’un ami de l’enfant ? On ne sait rien de cette famille-là… Aux enfants eux-mêmes, alors ? Y paraît que l’innocence enfantine, ça n’existe plus parce que justement, hier, trois enfants…

Allo, patron ? Licenciez-moi, je ne peux plus bosser…

Allo, docteur ? Qu’est-ce que j’ai ? Est-ce que ça se soigne ?

Allo, chéri ? Je ne veux plus d’enfant !

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Peur de tout, peur de rien, faut-il choisir ?

Coût, coeur, couac !

Le monde du travail est dur parce qu’il y est tout le temps question d’argent : coût, marché, vente, achat, actionnaires, brevets, cours de bourse…

Or ce qui fait le travail, ce sont les hommes et les femmes face aux machines.

Et la plupart ont encore envie de parler à coeur ouvert, d’agir avec coeur, de prendre son travail à coeur, d’aller au coeur des problèmes, d’être de tout coeur avec les autres, de redonner du coeur à l’ouvrage et de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Alors, si en tant que dirigeant, on ne sait pas doser tout ça, on va au "couac", non ?

Signes extérieurs d’adhésion au patron…

Tu fumes le cigare ? Moi aussi.

Tu fais un footing tous les matins ? Moi aussi.

Tu aimes le whisky ? Moi aussi.

Tu portes la barbe ? Moi aussi ! ou J’adore ce look ! (si vous êtes imberbe ! Ouf, Mesdames !).

Tu es hétéro, homo ? Moi aussi.

et avec quelques bémols pour parer au ridicule :

Tu aimes le jazz ? Moi aussi mais je n’y connais rien.

Tu aimes l’art moderne ? Moi aussi mais sans le comprendre.

Tu fais du golf ? Moi aussi mais depuis peu.

Tu roules en 4/4 ? Moi aussi mais la mienne est plus petite…

Tu joues aux courses ? Moi aussi mais seulement dans un hippodrome… quand j’y vais…

Oh, oh ! On se calme ! Votre adhésion systématique tourne au grotesque !… Et si nous parlions des valeurs plutôt ? Car l’essentiel est là.