Quand le nirvana est là…

"Nirvana, laisse la dame tranquille !"

Allons bon ! Je n’ai pas le droit au Nirvana, moi ?

"Nirvana, reviens ici sinon je te mets en pension !"  Bigre ! On est dans la démesure ! C’est expéditif !

Il fait nuit. Je suis devant la porte de mon immeuble.  Je constate que Nirvana va vraiment mériter la pension car la voix de son maître se rapproche. J’ai affaire à une brunette piquante qui parle à son bébé chien noir, à oreilles très larges, longues et pointues !

Il aboie à mes pieds, il veut rentrer après avoir pissé autour des bacs à fleurs ! Le couple me fait sourire. Elle doit habiter là depuis peu de temps. Son chien sautille en aboyant autour de nous. Dans l’ascenseur, je lui demande : "il est sage en votre absence ?" "Ca dépend ! Mais si ça continue, je vais l’envoyer chez l’éducateur !" Eclats de rire. "Bonsoir."

Quand Nirvana sera grand, dompté par l’éducation, dopé par l’humour de sa maîtresse, il deviendra parfait. C’est écrit puisque mon dico et Google précisent : "Nirvana (n.m.) désigne un état de l’âme tenu pour parfait dans lequel tout désir, toute tension, et donc toute anxiété ou douleur a disparu. On pourrait le définir comme l’anéantissement de tout désir, comme celui d’exister ou de ne pas exister."

Avec ce nouveau chien dans l’immeuble, ça sera facile d’atteindre le nirvana : il vient à nous ! Mais, bon, plus de désir, plus de tension… le détachement universel… Pas sûr que le nirvana soit si grisant ! Mieux vaut l’atteindre pas trop tôt, non ?…

Des bonzes birmans, des moines tibétains, l’expression de l’essentiel

Cet extrait du journal Le Monde du 25 septembre nous alerte :" La junte (birmane) aurait passé commande de 3 000 tuniques de bonze et des soldats auraient reçu l’ordre de se raser le crâne pour infiltrer les rangs des moines bouddhistes qui défilent chaque jour, peut-être dans l’intention de provoquer des violences qui serviraient de prétexte à une répression."

Espérons donc que, si des moines deviennent violents, cela paraisse être de la manipulation.

Je ne connais pas la Birmanie mais les images de cette marche pacifique des bonzes birmans ravivent en moi des images du Ladakh. J’avais deviné ce mélange de force et vulnérabilité des moines tibétains du Ladakh, résistant à la Chine dans le renoncement et la prière au coeur de leurs monastères colorés. Cette marche dans le Tibet indien m’avait offert à l’époque, dans l’aridité des 5 000 mètres d’altitude, une capacité à être attentive à l’essentiel. C’est le moment de m’en souvenir.

Sales clebs !

Oublié le chien rigolo de mon enfance avec lequel je jouais dans un jardin…

Je subis les chiens parisiens qui lèvent la patte n’importe où et font leurs crottes là où ça les inspire ! Je finis pas souhaiter la pluie qui nettoie les trottoirs. En marchant seul, on s’en sort à peu près : il suffit d’enjamber parfois des lieux de marasme, de dévier soudain sa trajectoire ou de s’éloigner de toute rembarde dégoulinante de pisse, devenue pissotière de prédilection. Si vous marchez à deux, ça devient plus difficile et si vous avez une poussette, des enfants à pied, des enfants sur des trottinettes ou des vélos, alors là, c’est de la haute voltige ! Au bout de 10 mètres, le compte est bon pour au moins une des chaussures ou roues, un bas de pantalon…

Le summum de la négligence est atteint hier avec un jeune chien râblé, promené sans laisse, et qui s’élance sur une petite fille qui marche à côté de sa maman poussant une poussette avec un bébé dedans. Personne n’a le temps de faire "ouf !", et hop !, le chien file un grand coup de langue sur la bouche de la petite fille. On a tous une peur bleue, la mère n’ayant rien eu le temps d’éviter, si ce n’est de tirer aussitôt sa fille en arrière. Elle râle haut et fort contre ce proprio et ce chien non tenu en laisse. Et au lieu d’excuses, on entend : "calmez-vous, Madame !" Et une femme, en passant, dit : "c’est vrai, pourquoi crier comme ça ?" Alors, certes, oui ! Procès-verbal mérité pour, je l’imagine : "mise en danger de la vie d’autrui"… Mais où il est, le flic ? Pas là, en tout cas… Scène de rue ordinaire qui met les nerfs en pelote !

Car, oui, chacun croit son chien plus propre, plus beau, plus gentil ou servile que celui des autres. N’empêche qu’un chien qui se jette sur un môme qu’il ne connaît pas pour le lécher peut aussi le mordre ! On entend ces drames-là tous les jours aux nouvelles. Alors, en ville, les clebs et leurs propriétaires irresponsables sont devenus mes "bêtes noires" !

Si vous avez envie de défendre vos clébards, c’est le moment ! A vous :

Nicolas Sarkozy et Yasmina Reza : pouvoirs en clair-obscur

Celui qui a le pouvoir devient point de mire, se pense libre et pourtant il ne s’appartient plus. Il provoque la crainte et l’admiration, s’y habitue et s’en contente car il veut maîtriser et le silence et le bruit. Il a des certitudes, amplifiées par le succès et l’entente avec ceux qu’il nomme ses amis. Il se doit d’être exemplaire et il ne le peut pas. Pas l’temps. Il est tendu vers un objectif : garder ou augmenter son pouvoir, en tout cas, le mériter.

Le livre* de Yasmina Reza met en lumière, parfois sans complaisance, cette ambition qui pousse certains à aller au delà de l’ordinaire. Nous sommes dans les coulisses, lisant une histoire sans suspense. Nous vivons au rythme de la pensée de Yasmina, ballottés tour à tour entre : intuition et fascination, agacement et fulgurance de la lucidité, complicité sans sympathie, tendresse et étonnement, amusement et futilité… Nous sommes à l’affût de ce que cherche Sarkozy…

Reza nous montre Sarkozy  dans l’exubérance du pouvoir, s’exposant avec naïveté et nous rendant voyeurs. Elle nous fait entendre les phrases pensées à voix haute, qui mettent en condition et qui cognent sur l’adversaire avant le combat lui-même. Elle rend apparentes les erreurs bêtement humaines dues à un ego fort, créées par la conviction de celui qui se dit : "Moi, je sais. Je tranche. Je suis là pour trancher. C’est ma raison d’être." Et la question latente, toujours, pour nous, lecteurs, quand on observe les devoirs que s’impose celui qui se sent l’élu : "Le pouvoir, pour quoi faire ?" "Pour agir", telle pourrait être une des réponses de Sarkozy.

Nous pouvons admirer la prise de risque que représente ce livre car c’est une mise en lumière, chez un homme placé dans une situation hors normes, de ce qui énerve ou de ce qui rend ordinaire. Nous comprenons les liens qui se nouent entre elle et lui, liens sans référent classique. Abandon de l’un au regard et à la plume de l’autre. Puis, abandon du thésard et de son sujet de thèse. Chacun, ici, a mené son oeuvre jusqu’au bout. Abandon final bilatéral.

Enfin ces mots de José Frêches, écrivain, ami de Yasmina, mots qui me touchent particulièrement car ils signent certaines mises à mort : "Quand le prince devient roi, ceux qui ont vu le prince pleurer sont envoyés dans les mines de sel. Depuis la nuit des temps." et Yasmina ajoute : "Ai-je vu le prince pleurer ?"

*A lire : "L’aube le soir ou la nuit", de Yasmina Reza, chez Flammarion

Résilience américaine ?

Tous, nous sommes concernés directement ou indirectement par la crise financière qui touche les places boursières en cascade. Cela impacte l’économie mondiale et donne plus que le tournis à ceux qui vivent au rythme des annonces émanant des bourses de Londres, Tokyo, New York, Paris, Shanghaï, etc. Le niveau de vie de bien des gens est concerné.

Bien sûr, ici, en France, la question que nous nous posons est : "L’Europe peut-elle tenir le coup lorsque les US vont mal ?"

Eric Le Boucher a écrit dans Le Monde daté du 15 septembre un article intitulé : "Les Etats-Unis proches de la récession ?". En voici un extrait :

"L’Amérique a encore des forces cachées. Il n’y a pas de sureffectifs dans les entreprises, note Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l’OCDE. Elles ne devraient pas mettre au chômage des travailleurs en masse. Eric Chaney, de Morgan Stanley, ajoute que la configuration est différente des récessions passées. Cette fois-ci, les entreprises sont très profitables, et elles devraient continuer à investir. La correction porte sur les ménages, qui doivent consommer moins pour regarnir leur épargne."

Pour l’instant, les licenciements vont bon train aux US dans certains domaines comme la finance, l’immobilier… Pourtant, moi, je crois au potentiel de résilience des USA car l’inventivité nécessaire à la survie dope l’innovation et crée des emplois dans des secteurs jusque là moins exploités. Certes, pour que les US s’en sortent, les plus nantis devront sans doute aider les nouveaux pauvres à soutenir leur consommation. Et le gouvernement devra mettre en place les garde-fous nécessaires pour protéger les plus faibles embarqués dans les propositions foireuses des plus forts ou des plus malins. Mais tout cela est jouable, non ?, et passera par une solidarité sociale accrue.

Et vous ? Pensez-vous que les Américains ont capacité à remonter la pente ? Pensez-vous que les destins de l’Europe et des USA sont indéniablement rivés l’un à l’autre ? Vos avis sont les bienvenus…

Jeune et beau, dites-vous ?

Certaines jeunes filles nous montrent leurs rondeurs via des pantalons taille basse portés avec des "strings" dont l’élastique à taille haute a des visées affriolantes. Ce n’est d’ailleurs pas le "string" en lui-même qui retient l’attention mais plutôt la taille de la rondeur débordante que l’on offre aux yeux. Passons. Parfois c’est mignon, parfois…

Les jeunes gens ont un bien autre programme "fashion" ! Le pantalon, large chez l’ado ou moulant chez l’homme fait : soit. Mais surtout ! et c’est là qu’est le raffinement subtil très "tendance" : rendre (quand il y en a un)  le caleçon largement visible !

Ainsi, aujourd’hui, dans la rame de métro, j’ai vu une hauteur de 20 centimètres de caleçon à palmiers, tout mochard (boutonné, quand même !), dépassant du haut d’un pantalon taille basse moulant prêt à tomber. Puis, montant l’escalier, un deuxième pantalon, "baggy" cette fois-ci, dégringolait au fur et à mesure de l’escalade des marches, et moi, placée derrière lui, j’ai failli avoir une vision imméritée et soudaine d’un sacré contenu ! J’ajoute que ces deux gars-là, de dos comme de face, c’était bof-bof…

A ce genre de détails supposés faire défaillir les nanas, je vois que j’ai pris un sacré coup de vieux car cette mode-là ne me fait en rien fantasmer ! Rassurez-moi ! Vous connaissez encore des moyens d’être tout à la fois : et "clean" et moderne, vous ?

PS Quand on parle "fashion", pour être "in", il faut parler "english" ! That’s it !

Managers chinois contre managers français

La TNS-Sofres a offert hier les résultats d’une enquête menée par l’Observatoire International des Salariés, sur "le climat psychologique et managérial" en Chine et dans certains pays d’Europe. En voici quelques courts extraits :

Les managers chinois considèrent le travail comme une  "source de plaisir et de pouvoir". Ils témoignent donc à leur entreprise "confiance, fierté et enthousiasme". Certaines raisons de cet engouement sont faciles à comprendre : croissance et pouvoir d’achat en hausse valorisent l’image des pourvoyeurs de salaire.

En revanche, en France, "le travail prend une charge affective qu’il est loin d’avoir dans d’autres pays", notamment dans d’autres pays occidentaux. Et la Sofres constate que les Français sont plus défiants vis à vis de la direction de leur entreprise que les salariés d’autres pays. Plus préoccupant encore : si les salariés français travaillent dans la filiale d’un groupe américain ou allemand, les salariés français expriment plus "de satisfaction et d’optimisme" que ceux qui sont soumis en France à un management qualifié de "management à la française".

Vos idées sont ici les bienvenues sur ce sujet délicat et essentiel qui impacte la société française…