Un beau tissu rayé qui passe…

Je suis dans le train, la tête pleine de projets, l’oeil dans le vague… Dans l’allée passent des gens que je regarde à peine. Ils vont vers le bar. Un beau tissu de pantalon s’approche : la rayure est nouvelle, très tendance… Je lève les yeux vers le pull  (beau pull, vraiment !, très branché…), puis le visage : ça va. Tout est cohérent. Beau garçon.

Rideau. J’oublie presque…

Devant moi, une des deux jeunes filles qui se sont installées en gare de départ dort. L’autre est quelque part dans le train. Elles sont jolies, ces deux filles-là, avenantes, joyeuses. D’un seul coup, la baladeuse, une grande aux cheveux longs et blonds, revient, secoue énergiquement sa voisine et lui dit à voix feutrée : "Réveille-toi ! Il est dans ce train !" L’autre émerge de son sommeil, semble émue, ravie, sceptique et elle sourit : "Non ! Tu te fous de moi !"
– Je t’assure, c’est vrai !
– C’est un gag !
– Non ! Je l’ai vu de dos s’engouffrer dans le bar ! Viens ! On va boire un café, l’air de rien…-
– Tu me fais marcher…"

Devant elles, je m’amuse de la situation. Je ne veux pas avoir l’air indiscrète mais ce hasard que je crois deviner du "chéri dans le train" qui ne sait pas encore qu’il est chéri me plaît bien. La grande blonde veut à tout prix combattre le scepticisme de l’endormie. Alors, elle se tourne vers moi et me dit :
"Vous avez bien vu passer trois personnes ?"
Je bredouille : "J’ai vu beaucoup de monde circuler depuis le départ du train…"
– Mais, vous avez vu passer un homme brun il y a quelques instants, avec deux femmes…
– Ah oui ! J’ai vu un beau pantalon noir à fines rayures avec un pull col roulé noir, et avec dedans un beau mec de trente ans environ !" Je vois qu’elles sont sciées !

Cette fois-ci, l’endormie est totalement réveillée ! Elle est rose de joie et d’émotion. Elle rit : "Mais vous vous êtes concertées, toutes les deux, ce n’est pas possible !" Elles sont sur des charbons ardents ! Et la grande blonde, en souriant, m’explique : "Nous sommes en école de commerce, nous sommes venues dans cette ville donner notre CV à des recruteurs dont ces personnes-ci. Cet homme venait au nom de sa societé et nous, on rêve d’entrer dans cette boîte ! Qu’en pensez-vous ? On devrait aller les voir au bar ?"

Et c’est à moi qu’elles demandent cela, ces deux perles de filles ? A moi qui promeut la communication à droite, à gauche, notamment dans les écoles de commerce ? A moi qui pense que parfois la vie nous offre des hasards qu’il faut savoir attraper ? Rigolo, non ? Ma réponse fuse :
"Et comment ! Il faut même y filer ! C’est une occasion en or de sortir du lot ! Vous êtes les seules de votre promo, dans ce train, aujourd’hui, à pouvoir le faire ! Ainsi, plus tard, lorsqu’ils feront leur sélection, ils se diront : ‘Tu sais, les deux nanas qu’on a vus dans le train…’ Allez prendre votre café ! A deux, c’est idéal !"

Elles sont déjà debout, prêtes à filer. La grande blonde se tourne vers sa copine et lui dit soudain : "Laisse ta doudoune, là, c’est horrible, ce truc !" L’autre obtempère et abandonne son ‘horrible truc’. La chrysalide apparaît, vachement mieux, c’est certain ! Ah ! J’adore cette connivence entre filles qui permet ce ton lapidaire pour donner à temps une vérité utile.

Elles sont parties… trèèèèèèèèèèèès longtemps……….. Lorsqu’elles reviennent enfin, elles sont surexcitées ! Et, fin du fin, elles me remercient chaleureusement : "Merci, vraiment, de nous avoir boostées parce que, sans vous, peut-être n’aurions-nous pas osé y aller. C’était très utile. Ils ont beaucoup parlé."

"Parfait !, leur dis-je, l’erreur aurait pu être que vous deux, vous parliez trop. Il fallait ça : les écouter…" J’ai ajouté un conseil ou deux de plus pour qu’elles reprennent contact avec ces gens-là, un peu plus tard. Je ne vous retranscris pas ici les conseils, je leur en laisse l’exclusivité.

C’est beau, le hasard, parfois… Et elles avaient l’air tellement enthousiastes et complices que cela m’a plu. Bon vent, les filles…

Etre auteur, être journaliste ou être blogueur : des enjeux bien différents !

Des enjeux bien différents, en effet, dans l’art de manier la plume ou le clavier d’ordinateur !

  • L’auteur fignole ses phrases. Il endosse la responsabilité de chaque mot  publié. Il abrège ou développe. Il s’engage lui-même. Il peut, après coup, avoir des regrets sur la formulation qu’il a choisie. Mais ça reste son affaire…

Et l’éditeur, quant à lui, suggére des coupes, des adjonctions, c’est selon… Jusque là, le travail peut donc paraître posé et fructueux.

A la relecture des épreuves définitives, l’auteur a souvent besoin d’intégrer quelques remarques manuscrites. Mauvais plan, d’ailleurs, car certains graphistes sont talentueux pour la mise en page mais moyens en orthographe. Et là, ce sera l’ajout malheureux de coquilles dans le document final. J’ai expérimenté cela plusieurs fois ! Et ça agace… mais bon, il faut aller de l’avant, supporter nos imperfections et celles des autres !

Au final, d’ailleurs, le livre sera généralement beau grâce à ce travail d’équipe.

  • Parlons du journaliste maintenant. Pouvons-nous vivre sans lui ? Non. Nous avons tous besoin et d’infos, et d’une liberté de ton, et de la liberté de la presse. Mais  l’engagement du journaliste face à l’écrit peut être très différent de celui de l’auteur ou du blogueur !

Soit, le journaliste exprime une pensée précieuse et fait avancer la réflexion collective. Il synthétise et s’engage. Vous le lirez alors systématiquement parce que vous aimez son style et parce que sa pensée vous force à réfléchir différemment.

Soit il fait un papier pour lequel il a une commande et il veut tendre vers un résultat précis. Alors, il mène des entretiens qui nourriront ses colonnes. Et s’il vous interviewe sur un thème, quoique vous disiez, il retiendra ce qui enrichira sa thèse, pour un public donné. Et là, vous êtes perdant ou gagnant :

  1. Perdant. Il vous questionne largement et volontairement sur "les mauvais côtés" d’un sujet qui vous paraît défendable… et vous avez farouchement compensé en évoquant "les bons côtés". Trop tard ! Il veut traiter le sujet avec cynisme ? Il rédigera l’affaire à sa manière… Le "bon" ? A la trappe ! Passez, y’a rien à voir ! Et, hop ! Une phrase hors contexte, "revisitée" parfois soit par la rédaction soit par lui, et vous voici bien malmené ! Je serai franche : cela ne m’est arrivé que deux fois en 20 ans ! Mais ça déçoit !
  2. Gagnant. Vous l’ignoriez avant de commencer l’entretien : le journaliste est très attentif à ce que vous êtes. Il développe de remarquables qualités d’empathie, vous êtes vous-même très en forme et, au final, lorsque l’article paraît, vous êtes ravi ! Tout y est, valorisé et valorisant. Bon travail intellectuel en binôme.

Quant à pouvoir relire son texte avant publication, dans les deux cas, alors là, autant
rêver ! Rares sont les journalistes qui accèderont à votre demande.

  • Le blogueur, maintenant… Il est LIBRE ! IL ECRIT CE QU’IL VEUT, COMME IL LE VEUT, QUAND IL LE VEUT ! C’est en cela que le blog est génial ! Les intermédiaires (et leurs intentions) sont gommés. Et si le blogueur dit une bêtise, une maladresse, une phrase malvenue, il a un retour direct qui le fait réfléchir et progresser. Car son lecteur est libre aussi de dire, réagir…

Et c’est là, l’intérêt du blog : l’écriture, tissée d’échanges immédiats, devient constructive et fait évoluer les mentalités…

Un conseil après tout ça ? -> "Relativisons ce que nous lisons !"
Car, finalement, la question à se poser est : "QUI a le contrôle de l’écrit ? Celui qui dit ? Celui qui paie ? Celui qui écrit ? Celui qui lit ?"

La politique, les blogs et les vrais débats

Deux articles du Monde pour dire, d’une part, l’impact des blogs dans la campagne politique, d’autre part, qu’un tiers des blogs européens sont des blogs français.

Les Français font, du bout des doigts,  tinter la liberté de ton sur leur clavier ! Et l’info est pérenne grâce aux moteurs de recherche.

sources :

Les blogs chahutent le discours politique, Le Monde, 18.11.06

Les Français sont blogueurs, le Monde, 17.11.06

         
PS Adjonction d’un des liens restant en ligne (Tu as raison, Denis, de me le demander dans ton commentaire, mais la version "abonnés du Monde" interdit souvent la lecture de certains articles à d’autres blogueurs.)

         

Et tac !

Alors, Messieurs de gauche, vous l’aviez vilipendée, attaquée avec insistance ; vous vous étiez soudés contre elle. Elle, elle a fait campagne, avec ses imperfections, certes, mais avec dignité. Et c’est bizarre,  ça a plu !
Comment allez-vous faire pour rester intelligent, DSK et Fabius, et, en même temps, vous raccrocher aux branches royales ?

Et vous, hommes de centre et de droite, tirez les leçons de ces 60%. Si une femme se présente à l’UDF ou à l’UMP, vous le savez maintenant : l’arrogance machiste des politiques n’a plus du tout la cote ! Déplacez le débat !

Alors, à droite comme à gauche, épatez-nous ! Elevez-nous.
Parlez-nous d’un futur grand pays :  la France, entreprenante, fière de ses richesses, respectée et présente sur la scène internationale, la France sachant exister dans ce monde éclaté.

Et toc !

PS Suis-je de droite, suis-je de gauche ? Vous ne le saurez jamais ! Je ne vous le dirai jamais. La blogosphère a suffisamment de couleurs politiques pour que vous trouviez une prise de position ailleurs !

Moi, j’observe, je titille, je dresse le constat, je m’intéresse aux attitudes, aux arguments…

100 000 entrepreneurs en mission !

Un défi : Minisky
100 000 entrepreneurs
s’investissent pour donner envie aux jeunes d’entreprendre.
Pierre Vallet, un des créateurs du blog Paris 14ème, m’a appelée pour m’en parler et m’inviter à une des manifestations.

Voici le blog des 100 000 entrepreneurs. Vous en saurez plus là.

J’aime bien ce genre d’initiatives. Car, que serait la France sans ces gens-là qui osent, risquent, innovent, s’affichent ?

Vive les entrepreneurs !

A droite, à gauche, l’art du mot à maux…

"Les Français nous disent…"
"Le pays est en panne…"
"Un mal français qu’il faut combattre…"
"La banlieue réclame…"
"La société souffre…"
"Les Français demandent…"
"Il faut aider les familles françaises…"

et

"Je veux pour la France…"
"Nous ferons pour les Français…"
"La France, grâce à nous, sera une France nouvelle…"
"J’emmènerai les Français vers d’autres horizons…"
"Nous sortirons la France du marasme…"
"Nous combattrons le mal français…"

ou encore

"La France dit non !"
"La France dit oui !"

Que sont ces mots ?
Mots de droite, mots de gauche ?
Sont-ce :

  1. des références à des statistiques
  2. de la clairvoyance
  3. des mots vides de sens
  4. des introductions pratiques
  5. des introductions bidons
  6. de la flagornerie
  7. des effets de manche
  8. un passage obligé
  9. le discours politique de base
  10. des mots parasites
  11. l’annonce d’un message fort
  12. des paroles qui forcent l’écoute
  13. des mots dans lesquels nous nous reconnaissons
  14. un moyen d’appâter le tout-venant ?

A vous de choisir…

Et hop ! J’ouvre la rubrique : "Les blogueurs disent aux candidats…"
Car, peut-être saurez-vous leur dire les mots que vous ne supportez plus et ceux que vous attendez.

Pour ma part, j’aime qu’on me parle "terrain", que l’on reste "concret", qu’on me propose des valeurs qui me grandissent et, quoiqu’on me dise, j’ai besoin qu’il y ait : conviction et sincérité.

Alors, à vous ! Donnez-leur vos mots.
"Les blogueurs disent aux candidats…"

Ces faits divers qui « cassent »…

Il existe donc des mères qui tuent leurs bébés, des maris qui tuent leurs femmes, des hommes qui séquestrent les adolescentes, des jeunes gens qui brûlent les femmes, des parents qui deviennent violeurs, tortionnaires ou marchands d’esclaves…

Cela nous glace le sang et nous donne envie de vomir.

On a envie de juger, de sanctionner, de ne jamais admettre, de comprendre aussi comment on en arrive là, de compenser l’impossible souffrance, d’éviter que cela arrive encore et encore. On a en tête ces regards perdus et trop tard repentis, ces visages de barbares qui n’ont pas toujours la tête de l’emploi, ces mots qui veulent expliquer l’inexplicable.

On nous parle de : "violence, abandon, maladie, détresse, dépression, perte de repères, perte d’identité…"

Bon sang de merde ! Qui peut, qui doit enseigner à l’autre le prix d’une vie ? Quand cela se joue-t-il ? Comment éviter qu’un jour certains décident impulsivement de la vie de l’autre, la gomment ou se l’approprient ?

Brrr… Un vent glacé souffle sur cette note. Venez expliquer la bonté, l’amour de l’autre, la main tendue…
Vos idées seront les bienvenues :…

Les détails qui font fuir !

J’étais tombée il y a quelque temps sur un article qui m’avait fait hurler de rire. Je l’ai découpé et je suis prête à vous en livrer aujourd’hui quelques morceaux. Mais il m’est impossible de vous donner le nom du journal : il ne figure plus nulle part ! (mauvaise maquette, non ?) En revanche, je peux vous préciser que c’est un micro-trottoir réalisé par David Thomas.

Voici quelques témoignages :

Sandra : "Franchement, faut être tordu pour porter uniquement des T.Shirts gratuits, non ? Le lundi, c’était les Mutuelles du Mans, le mardi Fram, le mercredi Go Sport, le jeudi Canal +, le vendredi Champion. Alors, le samedi, ça a été : bye, bye !"

Servane : "La Creuse au mois de janvier, c’est le Groenland.  Alors, je  lui avais dit de venir avec de quoi se couvrir, même la nuit. Juste avant de se coucher, il est sorti de la salle de bains avec un  pyjama… Même Bourvil n’en aurait pas voulu ! Et lui le trouvait très bien !"

Sylvie  : "Il remontait son pantalon hyper haut,  jusqu’au nombril !"

Laetitia : "Il mâchouillait sans arrêt du chewing-gum, il tirait dessus pour en faire un long fil, l’enroulait autour de son doigt avant de remettre sa petite pelote dans sa bouche, beuark !"

Nadia : "J’ai fini par l’appeler le siffleur fou. Il n’arrêtait pas de siffloter. Dès qu’il y avait un blanc dans la conversation, il se mettait à siffler. A cause de lui, j’ai eu une valse de Vienne dans la tête pendant toute une semaine !"

Elles ont fui ! Seriez-vous restés, vous ?