« J’aime ma boîte, elle non plus » : je l’ai lu, je l’ai aimé

Couv_jaime_ma_boteUn bouquin arrivé dans ma boîte aux lettres : "J’aime ma boîte, elle non plus".
Culture Buzz qui me propose de donner un avis si je le veux bien.
Un titre un peu racoleur mais bigrement parlant.
Une maison d’édition solide sur le marché : Hachette littératures.
Deux biographies d’auteurs qui justifient qu’on se lance : celles de Levy-Waitz et Messarovitch.

Et bien, voici une bonne lecture qui conforte ce que j’observe dans mes pérégrinations de consultante en entreprise. Et où on réalise que la nostalgie d’un monde stable est compréhensible… mais inopérante. Où il est fait état de ce qu’il faut intégrer dans les entreprises à visage mondial qui se créent. Où les chefs d’entreprise de demain doivent réussir ce que d’autres ont cherché à dénigrer hier : l’intérêt des seniors au travail, la culture zapping de la jeunesse, une emprise diablement forte de la bourse, la mondialisation (appelée "globalisation" par les anglo-saxons), la mise en évidence de problèmes que l’intelligence collective doit résoudre, la mise en commun de valeurs, le partage d’objectifs forts par des équipes et non, seulement, par des individus, la motivation des cadres qui méritent d’être réveillée, la nécessité d’améliorer vite et bien la pédagogie et la communication pour dynamiser les hommes…

Bref, si vous avez l’impression de ne plus comprendre ce qui se passe dans votre vie professionnelle, lisez ce livre et vous saurez encore mieux pourquoi il faut changer et réinventer votre vie au travail.

Admirable « secret de Brokeback Mountain »

Trois toits qui abritent trois couples : un appartement (placé au dessus
d’une laverie) et qui devient immonde : désordre, abandon, manque de soin, à
l’image de ce couple où la femme est mal aimée…Une maison clinquante et
propre mais vide de sens : elle n’est qu’une représentation d’un statut social,
à l’image de ce couple où le mari n’est pas estimé et où tout l’apparat vient
de la femme… Une montagne haute, belle, aux nombreux vallons, tantôt abrupte,
tantôt câline, et qui, dans sa beauté, son dénuement et son absence de
référence à la société des hommes accueille cette union de deux hommes, sans
jugement possible, comme elle accepte, par ailleurs, depuis la nuit des temps,
le foisonnement de vies aux formes différentes.

Jack a un coup de foudre pour Ennis, Ennis del Mar comme il le baptise
aussitôt.  Ennis, si seul, muré et perdu, qui vivait sans conscience une
période de transition. Transition entre une enfance cahotante et une vie
d’adulte conventionnelle toute tracée : il va se marier, comme son frère, comme
sa soeur. Et le désir de Jack pour Ennis fait peut-être exister Ennis pour la
première fois. Car cet Ennis est un gars solide mais indécis, il n’a pas de plan, on a
souvent décidé pour lui et il ne sait ni choisir ni renoncer : sa vie entière
est ainsi, un pas après l’autre, avec sincérité. Et Jack, lui, l’aime tel quel, en
dehors de  ses références habituelles.

Oui, nous sommes très loin, en effet, des grands classiques du western ! Pourtant
des thèmes usuels sont là : la rudesse des hommes, la dureté de la vie, la
beauté éclatante de la nature quoiqu’il arrive, la passion entre deux
personnes, la filiation, l’absence réelle ou ressentie du père, le manque de
mots pour dire ce que l’on ressent, le corps qui réclame le toucher doux ou
violent, qu’importe mais le toucher, l’empathie d’une mère qui n’a pas les mots
mais accepte ce que vit son fils et connaît les éternels  gestes de la
tendresse, les jeunes femmes qui se marient pleines d’allant puis qui
s’affadissent et s’enlaidissent lorsque leur couple les laisse déçues, les
enfants qui ne jugent pas les adultes mais prennent ce qu’on leur donne,
l’importance du "matériel" dans la vie de tous les jours parce que le
dénuement absolu ferait trop souffrir… et d’autres thèmes encore tels que
l’évolution et la solitude de ces deux femmes qui n’osent comprendre, font face
et portent leur famille… l’intolérance d’une société de mecs blindés bien
pensants… cet amour impossible, incontrôlé et sincère… le désert que
provoque cette marginalisation difficile à assumer… cette communication qui
passe si mal entre les êtres…

Oui, j’ai tout aimé dans ce film : le choix de ces deux acteurs masculins,
superbes… et les symboles… Par exemple, ce mouton, toison blanche sacrifiée
le jour du "péché", attaqué par le loup, ce mouton sacrifié qui me
rappelle aussi le sacrifice du fils auquel Abraham s’était résolu pour obéir à
son Dieu… car, ici, l’image du père tuant des homosexuels est évoquée au
moins une fois…. Par exemple, encore, ces habitations (riches comme pauvres)
aussi étouffantes les unes que les autres… ou encore cet enfant silencieux qui mange
enfin sa soupe quand il choisit d’obéir à son père, quel qu’il soit, au
détriment du grand-père… enfin, sublime image, la chemise de l’un, enveloppe
qui contient ou  qui protège l’enveloppe
de l’autre, puis l’inversion…

Si vous craignez que cette histoire d’homos vous impose des scènes offusquantes,
vous vous trompez. Nous sommes transportés loin du racolage et de la
provocation. Et ce film est exceptionnel parce que nous sommes face à deux
personnes qui vivent un lien unique, indestructible, qui, en dépit du contexte,
reste admirable.

Parole et pouvoir… Ce que transmettent Carlos Ghosn, Jean-Louis Debré, Fabrice Burgaud, Gérald Lesigne…

Ils sont incomparables mais la simultanéité de leurs prises de parole donne envie de mettre en parallèle leurs prestations.

Un Industriel en pleine réussite, un Président de l’Assemblée Nationale confronté en permanence  aux tactiques gauche-droite, un Juge soumis à la vindicte populaire pour une erreur judiciaire majeure, un Procureur sommé de s’expliquer à son tour : quatre enjeux, quatre cartes à jouer, quatre profils psychologiques à suggérer, quatre avenirs à défendre…

Les mots et les messages sont forts, certes mais aussi ce qui les accompagne : la position du corps, les gestes, les mimiques, la profondeur du regard, le débit de paroles, l’intonation, l’articulation, les silences, l’émotion exprimée, contenue ou à fleur de peau, l’habillement ainsi que la couleur des vêtements, l’éclairage ou le maquillage… Nous en avons eu la preuve : tout concourt à "délivrer" la pensée. L’enjeu est de taille : donner un message… et rester maître, se soumettre, amadouer, motiver, expliquer, promouvoir, manipuler, etc.

Les 8 et 9 février 2006, nous avons donc eu des illustrations de ce qui passe au delà des mots. La plupart des orateurs que je cite aujourd’hui sont des habitués de la prise de parole. J’imagine que tous ont préparé, ont été conseillés, ont répété, ont organisé leur discours, cherché des images marquantes, réfléchi aux messages forts qu’ils voulaient transmettre.   Chaque orateur a eu un défi différent à relever : parler en son nom ou au nom d’une entité, montrer son engagement ou ses ambitions ou ses limites ou ses faiblesses, afficher sa détermination, paraître vulnérable, sembler
clairvoyant ou ballotté par les événements ou "responsable mais pas coupable"… Et, au delà des mots, le corps a donné une grande partie du message.

Ajoutons qu’entamer un discours de telle ou telle manière donnera le ton. Réagir aux questions mettra au diapason ou donnera une nouvelle impulsion. Improviser forcera à jouer la nuance. Enfin, clore sur ceci ou cela fera taire la musique ou en fera naître une nouvelle.

Parmi ces quatre orateurs, j’ai mon préféré. J’ai aimé entendre ce qu’il a transmis ; j’aime  l’adéquation entre ce qu’il paraît être et ce qu’il dit. Partout où il sera, il aura le même état d’esprit, la même prestance, la même cohérence. En revanche, un autre m’a dérangée car j’ai cru discerner, dans son langage non verbal, une attitude artificielle plaquée là, ce jour-là, pour ce public-là. Et il me semble difficile de parler vrai dans ces cas-là.

A votre tour de décrypter ce que vous avez ressenti en écoutant ces quatre personnes. Quels messages ont-ils réussi à vous faire passer ?

Offrir ses idées au grand public impose un cheminement : se connaître intellectuellement et physiquement, se remettre en cause, s’améliorer et s’accepter tout à la fois, oser s’afficher et devenir "le" spectacle, prendre un risque personnel puis l’oublier pour faire corps avec son auditoire. La parole libère, la parole met en selle ou en danger mais aussi, elle fédère pour de grands desseins si l’orateur sait jongler entre des convictions personnelles claires et ce que le public peut recevoir.

La communication est un maillon-clé entre les hommes car les idées se partagent, quel que soit le domaine.

Et bien communiquer s’apprend.

Tous à La Géode !

Pourquoi se priver ?

La_godeLa Géode offre une belle salle totalement atypique, un écran hors du commun qui vous englobe (écran de 1000 m², qui dit mieux ?), des thèmes de projection qui captivent. Vos enfants vont adorer, vos amis aussi.

La Géode vient de vivre son 11ème festival de cinéma. Des films remarquables ont été primés : c’est donc le moment pour vous d’y faire un tour ! Quelques noms de films pour vous donner envie : "Expédition Nil Bleu", "US Air Force Exercices en vol", "Acteurs virtuels – Slim, une drôle de création", "Créatures des profondeurs"… Renseignez-vous car certains thèmes vont aussi intéresser des enfants très jeunes…

J’aime bien l’état d’esprit qui règne dans cet endroit ! Du culturel et du spectacle. Un beau mélange…

Nota Bene 
Pour le parking, un conseil : à l’extérieur, il est mal signalé. Lorsqu’on en trouve enfin l’entrée, on s’imagine s’éloigner de la Géode… Faux ! Au sous-sol, les ramifications vous ramènent pile devant la bonne entrée ! Confortable…

« Coup de feu » à la Poste, samedi à 11h30 !

Vous travaillez toute la semaine et vous avez eu des horaires fous ??  Vous étiez destinataire d’un colis recommandé vendredi et vous l’ignoriez ?? Vous traînez au lit samedi matin, heureux de pouvoir profiter d’un petit "rab" de sommeil ?? Votre bureau de poste ferme à midi et vous avez omis de mettre votre réveil pour y bondir intelligemment aux aurores ?? Votre paquet peut difficilement attendre une semaine de plus et vous avez une lettre recommandée à envoyer absolument ? Courage, si c’est ce jour-là que tout cela doit se réaliser car…

Coupable ! Vous êtes "coupable d’un manque de prévoyance, d’une inadaptation notoire aux règles de votre société, coupable du laisser-aller général qui laisse croire à chacun qu’il peut faire n’importe quoi et s’octroyer un rythme perso !!", non mais… et vous allez le payer !

Quand, à 11h 30, vous poussez la porte de votre bureau de poste, allez !, à la louche, à vue d’oeil, il y a 70 personnes silencieuses, agglutinées dans une file tortillante autour de barrières en skaï, avançant comme des escargots (la bave en moins), espérant que les six préposés du guichet vont accélérer leurs gestes et devenir des automates pour réduire l’attente ! Chacun vient seul à La Poste car la balade ne vaut pas la peine qu’on y vienne en famille, à part un jeune père qui est là avec son môme ficelé dans une poussette. Mal organisé ce père-là ! Emmener le petit dans cette aventure, mauvais plan ! Le gamin le sait dès son entrée dans ce lieu à l’air confiné ; assis toujours, il bombe le torse, fesses en l’air, les pieds calés sur son marchepied, et se contracte pour essayer de faire exploser sa ceinture, dans l’espoir de jaillir de son carcan. Le père fait semblant d’être zen puis se rend compte que l’explosion de cris dans cette ambiance lourde sera ingérable et il repart avec sa poussette et son mouflet ceinturé, grand vainqueur qui se réinstalle lourdement au fond de son siège. J’exulte… intérieurement ! Une place de gagné ! Une…

C’est que la Poste devient banque, vous le savez… Vos sous l’intéressent. Alors, "on" a réduit les guichets du tout-venant pour créer des cabines pour recevoir "confidentiellement" la clientèle… Un principe : confiez vos sous d’abord et pour le service de base, on verra plus tard… Ouvrir les bureaux de Poste le samedi après-midi ?? C’est bien une idée de libéral ou de salarié du privé. Et pourquoi pas le dimanche, tant qu’on y est ! Y’a pas écrit "Service Clients" ici !! Le samedi après-midi !!! Pfff !! Mais vous rêvez !!