Lit volant

Une "vieille" histoire de cloche-pied (épisode 4)

Un des 50 billets d’humeur écrits fin 2003

Chacun son lit, dès le départ ! Il vous emmène partout : à la radio (sous sol), aux urgences (rez-de-chaussée), en salle d’opération (mystère ? Suis-je montée ou descendue ? Je ne sais plus… j’étais troublée par le chariot croisé – voir plus bas- !), en salle de plâtre (ça y est ! je n’arrive plus à suivre le jeu de pistes ! Ai-je dormi ?) puis dans votre chambre en étage (ah, enfin !)… mais là, pour entrer votre lit dans la pièce, il faut d’abord débrancher la voisine de sa télécommande, de son téléphone, de son SOS…, la sortir dans le couloir avec son lit, propulser le vôtre au fond près de la fenêtre, puis rentrer de nouveau la voisine et la rebrancher !

Ah ! Ca, je ne sais plus marcher mais je roule ! Un peu de langueur et de confort dans ce monde où il faut accepter des soins douloureux et imparables.

Dans ce lit, vous êtes devenu «grand, large, imposant» : les gens s’écartent dans les couloirs pour vous laisser passer. Ils vous voient comme un paquet de linge qui passe, doté d’yeux mi-clos. Et vous, vous demandez si la position debout, sans roulettes et sans brancardier, sera de nouveau un jour gérable… Vous êtes si fatigué(e)…

Ce lit voyageur vous invite pourtant à rêver. Et si,…

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Mon blog, espace de nos libertés

C’est fou, ça ! Jeudi dernier, j’ai regardé moi aussi le reportage terrible d’Envoyé Spécial sur "les mules" pour être sûre de ne rien rater sur "Globe Blog", prête à faire un papier le soir-même sur ce dernier sujet. Et je me colle devant mon ordi, et sur quoi j’écris ? Le monde politique et L’Europe !

J’avais trouvé poignant dans ce reportage l’engagement-blog des soldats qui ont participé à la guerre d’Irak et celui des familles coupées des informations véridiques sur ce qui se passait au front. Cela m’a donné envie, de nouveau, de m’engager sur des sujets de société. Cet espace de liberté sur le blog vaut la peine d’être utilisé.

Dernièrement, pourtant j’avais abordé des sujets plus légers : le texte des cerveaux ou ce roman policier dans la blogosphère : "Trois souris aveugles"… Mais je me suis soudain dit qu’il fallait secouer un peu le cocotier ! Car vous sembliez partis à la plage pendant que je cuisais à

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Distribution de mauvais points !

Expliquez-moi comment des gens qui ont fait Sciences Po, l’Ena et autres formations pour diriger notre pays sont capables de :

  • claironner pendant des années que le Français moyen ne sait plus lire en sortant de l’école… et envoyer un traité de ratification de l’Europe dans chaque boîte aux lettres, en demandant aux gens de le valider. Je suis bien placée pour dire que c’est une "ânerie" monumentale de nous avoir enjoints à tous de lire ce texte ! Certains lecteurs auraient pu le comprendre mais n’auront jamais pris le temps de le lire, d’autres n’avaient pas le temps, pas l’envie, ou pas le sens de l’analyse. Alors, on a, d’un coup, culpabilisé une grande partie de la population qui a dû se rendre à l’évidence : elle ne peut jauger un texte qui détermine son avenir. Ceci dit, même un roman lu par plusieurs personnes est interpété différemment. C’est ce qui s’est passé avec ce traité : tout le monde a voulu nous l’expliquer, en le décryptant à sa manière. Moi, je me suis souvent méfiée des explications de texte foireuses ou partiales.
  • entendre le peuple rural et/ou aux faibles revenus dire "non" à une Europe pour lui irréelle, bourgeoise, élitiste et citadine… et nommer un Premier Ministre, beau garçon certes, mais issu d’une famille d’aristocrates nantis et réputé intellectuel.
  • prôner la parité hommes/femmes et être incapable de nommer davantage de femmes dans le gouvernement.

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Cerveaux par ci par là…

Voici une brève histoire qui circule :

Un patient gravement malade est à l’hôpital. La famille est réunie dans la salle d’attente. Un médecin entre, fatigué, et dit avec désolation :
"Je vous apporte de mauvaises nouvelles. L’unique chance de survie de votre proche est une greffe de cerveau. C’est une opération expérimentale, très risquée, la Sécurité Sociale est à bout de souffle et donc les frais de cette greffe seront totalement à votre charge." La famille reste abasourdie.

Un des membres de la famille se lance et demande :

"Combien coûte un cerveau ?"

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Cinquième, sans en être, c’est mieux !

Mry nous titille avec son quartier de rêve, Damdam nous raconte le sien avec les siens… Moi, comme je ne suis ni tout à fait de là, ni tout à fait d’ailleurs, alors je vais vous raconter des ambiances plutôt…

Pour moi, le Vème à Paris (France !), c’est le quartier de mes années d’étudiante, le quartier de ma jeunesse : classes prépa à Henri IV (une poignée de filles courtisée un max dans un bahut qui "acceptait pour la première année des filles"), puis La Sorbonne, et partout des profs hors du commun, brillants et accessibles, une incitation formidable à la culture avec la splendide Bibliothèque Sainte-Geneviève où l’on entrait sans file d’attente, le restau "Zéro de conduite" en haut du boul’mich près de la rue Monsieur-le-Prince (il était rigolo mais pas terrible), les cafés où l’on fumait des "gauloises" (bah ! j’pourrai plus !) en buvant un ballon de rouge ou un café (on se la pétait intellos fauchés quand même, y’a un minimum !), les rares restaus grecs près des quais, les librairies et les librairies et les librairies tous les dix mètres, les petits cinoches à droite à gauche qu’il fallait compléter par des virées jusqu’au Palais de Chaillot pour voir tout Godard à la cinémathèque, les étudiants matheux de Louis-le-Grand qui venaient nous attendre à la sortie des cours… Bref, la belle vie ! Et même si…

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La Grande Florence

Admirable Florence Aubenas qui associe dans sa conférence de presse la pudeur et le franc-parler, l’humour et la retenue, l’émotion et l’intelligence. Tout cela en donnant aux mots "courage", "espoir" et "engagement" la beauté de ses traits, la force de son sourire, la confiance de son regard.

Si elle avait pleuré, on aurait compris, si elle avait râlé, on aurait

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A découvert…

A la différence de beaucoup de blogueurs, j’interviens sur les blogs des autres sans pseudo et à découvert. Je dis ce que je pense, à des gens que je connais uniquement par le biais de quelques uns de leurs écrits. Parfois ce que j’en sais me suffit mais il y a un risque réel d’erreur car j’en sais finalement très peu…

Je réagis à une note sur le blog des autres parce que soit le ton, le sujet ou l’écriture me plaisent, soit le débat m’intéresse, soit je pense

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Mishima, Tanizaki, Fukazawa, Inoué… pour faire pâlir certains auteurs français…

Mishima, Tanizaki, Fukazawa, Inoué… pour faire pâlir Houellebecq et quelques autres.

150 pages sur 317 de Houellebecq m’ont suffi et je me lasse de subir ses anti-héros qui ne réussissent ni à exprimer des sentiments ni à partager le plaisir. Tout ce malaise entremêlé de théories sur les particules élémentaires me rase sacrément. Comme cet auteur est tantôt adulé tantôt critiqué, mon avis ne fait donc que s’ajouter à un des deux clans. Il y a tellement d’auteurs que je trouve fabuleux à lire ; je préfère donner mon temps à d’autres. J’ai d’autres découvertes à entreprendre.

Alors, pour ceux qui…

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