Mi-figue mi-raisin

Difficile ces lendemains de combat : le vainqueur est ivre de joie, le perdant se sent groggy. Et moi, spectatrice, je me sens tourneboulée, mi-figue mi-raisin, à me demander qui va tirer les marrons du feu, qui va rester dans le pétrin, qui va relever ses manches, qui va tracer le sillon et qui va dégager l’horizon. Le climat social sera déterminant et le vent du changement doit logiquement se lever.

Raffarin, c’est sûr, part s’occuper des poitevins et des poitevines. Il a fort à faire avec tous ceux qui ont résisté à son ordre de n’être ni "frileux", ni "frigide" ! S’est-il donc imaginé un moment être lui-même "calorifère" ou "sex symbol"  ?? J’espère que, pour la fête des Pères, quelqu’un lui offrira un dictionnaire : une bonne occasion de réviser l’emploi très restrictif des mots qui lui sont venus à l’idée !

Chirac pense à nous, les Français… mais nous, savons-nous vraiment ce qu’il pense de nous ? Il nous a compris… enfin !… mais c’est inquiétant quand même ce long temps d’incompréhension qui a précédé. Cet homme-là laisse perplexe !

De loin en loin, pour calmer le jeu, le nom d’une femme au gouvernement est lancée… Parité, Messieurs, parité… Oui, oui… "Quand elles en vaudront vraiment la peine", songent-ils sans doute… Ce temps-là est loin…

Quant aux citoyens, ils essaient de reprendre leurs marques ordinaires. On vient enfin de leur donner tellement d’importance ! Et voilà qu’ils doivent repartir vers leur horizon habituel. Ils sont redevenus anonymes, un peu déstabilisés par cet environnement modifié, ces repères explosés, ces voisins qui, allez savoir, pour un oui pour un non, ont voulu changer le monde.

Des "mi-figue mi-raisin". Voici ce que nous sommes devenus, nombre d’entre nous : les nouveaux fruits de l’Europe, hybrides et inclassables, soumis au climat de la France.

Triste mais réféchie car demain…

Je suis triste de cette France si contrastée. Si le "oui" était passé, j’aurais eu le triomphe modeste car le taux de "non" m’aurait impressionnée.

Je suis donc fortement touchée par le score du "non", par le contraste des villes et de la campagne, par les différences d’approche de la mondialisation par les Français. Et j’admire au passage notre splendide démocratie qui a permis une telle expression.

Maintenant, nous allons devoir, tous, reconstruire une unité intérieure avant d’affronter la scène internationale et ses embûches.

Pour moi, une  nouvelle réflexion commence, à la recherche de cette identité qui rassemblerait le maximum de mes compatriotes. J’aime trop les gens pour oublier de les entendre tous. La recherche d’un "consensus acceptable" est une belle démarche, aussi captivante que celle qui veut élever le débat ou améliorer le monde.

Les querelles de clocher me fatiguent vite, les hommes politiques me déçoivent souvent. Nous allons devoir nous méfier de tous ceux qui, par désir de profit personnel, vont vouloir agrandir la scission du peuple. J’espère que nous verrons émerger une personnalité capable de fédérer le plus grand nombre. Et si je devais en faire le portrait robot, je l’imagine :

  • homme ou femme, c’est égal
  • 40 à 60 ans maxi
  • environné d’une grande famille : plusieurs enfants, des neveux, des nièces, de la jeunesse en somme autour de lui qui le force à oublier son petit "moi"
  • venant d’une grande ville de province, ni trop parisien ni trop isolé en campagne
  • sensible à l’innovation
  • avec des idées larges
  • vivant bien le métissage des peuples
  • patriotique mais ouvert au monde et au potentiel des autres pays
  • avec un grand sens de l’économie (quand même)
  • de la grandeur d’âme et une éthique forte
  • désireux de préserver notre démocratie
  • enfin, sachant s’entourer de gens de qualité qui sauraient lui apporter tout ce qu’il n’aurait pas imaginé ou su cultiver.

Qu’en pensez-vous ? Qu’ai-je oublié ? Cette personnalité politique existe-t-elle ? L’avez-vous rencontrée ? Ici, vous avez la parole : la case "commentaires" est pour vous… Cliquez, c’est un début !

Vous êtes là… Est-ce bien raisonnable?

Ca y est ? Vous en êtes déjà revenu ? Oui ? N… ? Oui  ?

Vite, aujourd’hui, chacun vote ! Il vous reste encore du temps…

Confiez les enfants à vos mères pour la fête des mères, les clés à la voisine, éteignez cet ordinateur et sortez.

Profitez-en pour acheter une fleur, du pain et le goûter, allez jeter vos bouteilles dans les bornes de récup., déposez vos chèques à encaisser dans la boîte aux lettres de la banque, prenez le prospectus de  quartier gratuit qui traîne devant le commerçant du coin, achetez un carnet de timbres au café du village, prenez le journal chez le seul préposé ouvert du quartier, prévoyez d’aller au cinéma ou d’aller embrasser la famille, bref, débrouillez-vous, sortez VOTER.

Tout le reste (ou presque) peut attendre demain !

Allez y…

Voyez les blogs de ceux qui ont écrit sur le  "oui", notamment les blogs-relais dont je parlais dans mon texte "Vous surprendre…" Vous trouverez leurs adresses soit ici, en dessous, soit parmi les commentaires du texte : c’est si bon de dire "oui"… Ils sont 5 à avoir créé des trackbacks et plusieurs à avoir exprimé leurs convictions. Voici les partisans du "Oui" regroupés là pour que vous en ayez une lecture plus aisée :

Nassim, Rodrigo, Véronique, Jérôme, Paris 14, Mry, Laurent Javault, Jacques Froissant, Christophe, Frederic Pie, Smooth, PMB, Laurent, Bibear, Thierry, Cousin Phil, Olivier, Tilly, Michaël Bullara, Rosalie.

La France dans ou sans l’Europe… que deviendrait-elle si le "non" l’emportait ? Les autres pays sauraient très bien se débrouiller sans elle. Les absents sont toujours un peu regrettés, par courtoisie, puis remplacés puis oubliés.

Et vous, si vos amis vous laissent tomber, quelle est votre attitude, "après", pour surmonter la douleur ou l’affront ?

Les nôtres sauraient remplacer la France ; saurions-nous remplacer l’Europe ?

Nous, les Femmes…

"Etre une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile…

Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile…"

Vous avez déjà entendu cette chanson voire même danser à son rythme, j’imagine ?

Alors, quelques rappels de dates parlantes :

1945… :

  • Voici la date de naissance de la plupart des femmes qui partent à la retraite en ce moment. 60 ans, donc…
  • Et bien cela fait aussi 60 ans que la femme française a le droit de vote ! (Bien ! Quelle reconnaissance, si, si, enfin !… de son pouvoir de décision…)
  • Et cette même année 1945, la notion de "travail féminin" est supprimée. La législation prévoit "à travail égal, salaire égal". (Vous croyez que, pour autant, c’est gagné aujourd’hui sur le territoire national ?)

1938, la femme française peut s’inscrire à l’Université sans l’autorisation de son mari. (Oh ! Merci !… Ah ? Parce qu’avant, non ? La pièce de Molière, "Les femmes savantes" -17ème siècle- a donc fait peur aux hommes à ce point ? Que s’est-il passé ensuite ?)

1909, le port du pantalon pour les femmes n’est plus un délit et ce, seulement dans le cas où la femme tient à la main une bicyclette ou un cheval ! (ah ! bon ! je me disais aussi ! C’était trop beau ! Pour être en pantalon, il suffisait donc d’acheter l’accessoire qui allait avec !)

1907, les femmes françaises mariées peuvent disposer librement de leur salaire. (Ca porte un nom, ça, non, la confiscation d’un salaire ?)

Je veux me souvenir de ces dates (pas si futiles que ça) car on en parle moins que de certaines autres fondamentales concernant la contraception, le divorce, etc. La génération de nos mères ou grand-mères a donc combattu pour obtenir ces avancées françaises. Cela me paraît si récent, si fragile : une génération et parfois tout bascule !

Cela fait des années que, dans ma réflexion sur l’importance des réseaux, j’accompagne l’évolution de certains : réseaux de dirigeants, réseaux d’anciens élèves, réseaux en entreprise ou réseaux de femmes. Les idées fusent dans ces associations de compétences et de culture.

D’après moi, les femmes d’Europe, ensemble, seront mieux écoutées, mieux entendues. D’après moi, elles peuvent agir pour le bien de tous. Je pense à nos filles : en nous unissant vite sur un "oui", j’espère doper leur liberté. Dire, aujourd’hui, "non, on verra plus tard…" me paraît risqué. 

nota bene : cet historique des acquis féminins figure dans un livre de Cristina Lunghi, "Et si les femmes réinventaient le travail", chez Eyrolles.

Phil d’Amérique, l’Europe et son « oui »…

Je me suis découvert depuis peu un cousin d’Amérique. Le blog nous lie à toute allure car Cousin Phil suit tout à distance, armé de son « glitch dictionary ». Voici la réflexion qu’il mène depuis là-bas sur notre débat. Il réagit ici à mon article : C’est si bon de dire « oui »…
J’ai son feu vert pour publier ses mots :

(…) In the paragraphs with your children, I understand your primary argument in favor of this constitution for the European Union is that it will promote greater, more dynamic growth of both commerce and culture. It then follows that it would inject into Europe the essence of what I think was always supposed to be so romantic about emigrating to America.

In our presidential election in 2000, the Democratic candidate (Al Gore) was laughed at for translating “e pluribus unum” as “from one, to many”. (“e pluribus unum” is a Latin phrase found on American coins.) In fact, it is exactly the reverse – “from many, one”. Even the French rendition of the United States — les Etats Unis — conveys the many-to-one idea. This is the theme of America as the great “Melting Pot” in which the population of natives and immigrants is treated like a giant stew. Each ingredient (immigrant) takes on the flavor of the stew, while adding its (his) own essence to the stew.

I believe that the dynamic of this “exchange of flavors” is what makes America what it is; the legal and political systems just exist to enable the dynamic to work. And I think I understand your argument to say that this dynamic, with its aspects unique to Europe, will produce a similar result for Europe. And, by extension, France.

Je retiens la force de son image : le ragoût ou le pot-au-feu qui mijote avec des ingrédients variés qui apportent à tous une saveur unique, sans qu’aucun ne perde son identité.

C’est en cela que je crois, moi aussi : le melting-pot assorti d’une constitution « pour faire marcher la dynamique »… D’ici, nous voyons les Américains comme un « Tout » et pourtant, lorsque nous les rencontrons, d’Etat en Etat, ils diffèrent… et les individus aussi.

Il est très chouette, ce cousin Phil ! 

Le poids de l’illustration (2)

Je reviens sur ces drapeaux servant à illustrer les problèmes principaux dans le monde. Comme l’écrit Bibear sur son site, il est impératif de lire les légendes.

Le message est clair, factuel. Il peut, par l’incroyable clarté de l’illustration, nous faire réfléchir sur l’essentiel.

Merci, Bibear, d’avoir trouvé cette information très percutante et surtout bravo à Charung Gollar de l’avoir présentée. Même son intitulé est symbolique : "La puissance des étoiles".

Réfléchir à l’Europe, certes, continuons… mais "LE MONDE" aussi a besoin de nos prises de conscience, de notre force et de nos élans.

Un joli couple : Mry et Sophie

Sophie et Mry ont eu un succès fou comme l’a rappelé un de mes visiteurs. J’ai donc lu les commentaires du blog d’Mry où il est question de la belle Sophie Marceau.

Me viennent 2 remarques :

  • Parmi les visiteurs du blog d’Mry, pas un n’a crié les vers écrits par Molière pour son personnage Tartuffe :
    "Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
    Par de pareils objets les âmes sont blessées,
    Et cela fait venir de coupables pensées."

Décidément, le monde a bien changé ! Je veux dire : il n’y a plus  de Tartuffe !

  • Le couturier qui a conçu cette robe pour notre star : Sophie l’a-t-elle remercié ou remercié d’avoir fait la "une" de tous les journaux ? That is the question !

Vous surprendre…

Peut-être, vous voici revenus ici vérifier que mon "oui" reste un "oui" ou découvrir si, depuis ce texte, je me suis inscrite à un parti politique : gauche, droite ?!? Soyons clairs : mon "oui" est resté "oui", et je ne me suis inscrite à aucun parti politique ! C’est chose dite !… Et les sempiternels mêmes arguments de mes opposants commencent à me lasser…

Etes-vous plutôt venus voir si je sais rebondir après compliments et critiques ? Je vous le confirme : mes emballements, mes griseries, mon absence de langue de bois, tout est là, intact. Je garde le cap !

J’en userai au fil du temps pour écrire ce qui me fait rire, me choque, m’émeut, me réjouit : melting-pot absolu garanti ! Je dirai mes humeurs car certains sujets de société deviendront ici impératifs : j’attendrai juste d’avoir les mots pour les dire…

L’efficacité des blogs-relais qui ont parlé de la "plume-souris" de mon blog m’a épatée ! Quelle vague ! Merci à eux tous. Un de mes prochains textes, je vous envoie naviguer chez eux !